Catégories
érotique Grand vin

La Seconde Vie d’un olisbos – ChocolatCannelle

Présentation de l’éditeur :

Un conte érotique chinois dans lequel deux sœurs usent d’un olisbos trouble Jeanne, stagiaire au musée du Quai Branly. Ce jouet de bois est celui-là même qui figure dans l’exposition que Jeanne prépare sous le regard attentif de son tuteur.

Passé et présent se rejoignent dans cette nouvelle érotique.

Mon avis :

Voici un texte érotique comme j’aimerais en lire plus souvent. Le style d’abord, précis, ouvragé comme une estampe orientale, avec un vocabulaire riche et une syntaxe irréprochable. Rien que la forme est un régal. L’histoire quant à elle est simple mais néanmoins astucieusement conduite. Il y a une histoire dans l’histoire ; au récit de cette jeune assistante qui tombe sous le charme de son supérieur se greffe un retour dans la Chine ancienne, du temps où les maris ne se préoccupaient guère de la satisfaction de leurs épouses – mais ce temps est-il bien révolu ? la seconde vie d'un olisbos

L’expression est savoureuse, avec un goût suranné, châtié, léger et toutefois licencieux, dévoilant une perversion douce et tranquille. L’ambiance orientale, réfléchie et méthodique, est subtilement recréée, et en quelques traits, nous voilà plongés dans le monde secret de deux sœurs complices jusque dans la débauche. L’art de créer un univers en quelques mots.

Extrait :

« Alors que sur sa couche, elle cherchait le repos, lui vint cependant une idée. Elle sortit le livre de sa cachette et le compulsa à la hâte jusqu’à la page qui apporta une solution à son inquiétude. Inutile pour Dajie de prendre un jeune amant vigoureux et agile pour câliner sa solitude ! Il existait un autre moyen de combler la béance de ses chairs, qui la placerait hors de danger des commérages et lui épargnerait la vengeance de l’époux outragé, si parvenait à ses oreilles le récit de son inconduite.

C’est ainsi que, dès le lendemain, Xiang s’enquit d’un fabricant d’objets de plaisir. Elle parlementa avec une entremetteuse pour se faire livrer au plus tôt un manche à femme, de taille médiane seulement, car elle se doutait qu’après avoir goûté à un olisbos d’envergure, Dajie ne pourrait se satisfaire des maigres prouesses d’un mari venu, entre deux procès, répandre sa pluie fertile. »

 La Seconde Vie d’un olisbos de ChocolatCannelle

Catégories
érotique Grand vin

Nathalie et ses bonnes œuvres – ChocolatCannelle

Présentation de l’éditeur :

Quand Nathalie vient remplacer Gabrielle, sa mère, pour la collecte de la banque alimentaire, Alain réalise que la jeune femme pourrait utiliser son physique avantageux pour faire le bien autour d’elle. La plantureuse Nathalie met alors en scène ses talents, en toute candeur… à moins que le personnage soit moins manipulable qu’Alain, Jojo, et son employeur, le Dr Grignoux, ne le pensent.

« Pauvre Nathalie, objet de fantasme de tous ces mâles… Alain soupirait, mais convenait d’une part qu’il était en proie aux mêmes fantasmes que les autres et, d’autre part, que cela arrangeait bien leurs affaires. »

De la bonté et du cynisme, des scènes de sexe en nombre, un mariage et un enterrement, de l’humour et du bonheur enfin, à condition de fermer les yeux…

Mon avis :

Contrairement aux habitudes de l’auteure, ce texte n’est pas vraiment une nouvelle, mais un petit roman. Il est structuré avec des chapitres et a l’allure d’un ouvrage plus long, il ne fait pourtant qu’une soixantaine de pages. L’auteure nous entraine dès le début dans un univers banal d’apparence et pas forcément gai, mais qui devient cocasse autant qu’épique sous sa plume. Qui oserait imaginer en effet que, dans une banque alimentaire pour les pauvres, une jeune femme dévouée et bien sous tous rapports se laisse influencer par la suggestion du gérant. Alain voit en elle une femme lubrique, et puisque les indigents qui fréquentent l’endroit louchent sur son buste, il lui propose de leur donner un peu de la tendresse dont ils ont besoin. Nathalie et ses bonnes oeuvresContre toute attente, elle accepte, et le lieu monacal se transforme en partouze géante. On retrouve ici un thème cher à l’auteure : le cynisme et l’ironie. Qui oserait penser qu’un endroit philanthropique se transforme en lieu de débauche ? L’auteure l’a fait, et le résultat est jouissif à souhait. Le contexte même prête à rire et à d’autres choses. Pourtant, c’est avec un grand sérieux que les situations sont décrites, et avec de nombreux détails qui rendent la scène réaliste. Chaque personnage a du caractère et des envies, et l’auteure nous mène de l’un à l’autre avec brio.

Nous découvrons que Nathalie, sous des dehors classieux, est en fait une femme aux idées coquines. La voilà qui se laisse charmer par son patron, dentiste, mais aussi ancien amant de sa mère Gabrielle. Le récit fait un bon dans le passé, pour revenir sur les amours de Gabrielle avec le Dr Grignoux, eux aussi cocasses. Mais Nathalie est aussi éprise de Jojo, un pauvre homme qui sait la charmer par sa simplicité. Comment va-t-elle gérer la proposition de mariage du docteur, et son affection pour Jojo ? C’est là tout l’enjeu de l’histoire. Toute femme n’est pas un trésor de chasteté imprenable, et certaines auteures savent manier l’érotisme le plus cru, sans fausse pudeur !

La plume est classique et fluide, elle manie le sujet tantôt avec délicatesse, tantôt avec crudité, dans un mélange de sérieux et de loufoquerie. Chaque situation en amène une autre, tout aussi insolite, ce qui fait que le lecteur ne s’ennuie pas une seconde. L’histoire est bien construite, sans s’appesantir. Aussitôt une scène terminée qu’une autre se profile déjà. À lire absolument !

« Mireille s’empourpra davantage. Depuis combien de mois espérait-elle en secret qu’Alain se souciât d’elle ? L’entrée en matière était inattendue, cavalière même, mais lorsqu’on avait passé cinquante ans, comment s’offusquer d’une telle proposition ? Ne l’avait-il pas invitée à dîner ? C’était plus que n’en faisaient la plupart des hommes qu’elle avait rencontrés ces dix dernières années. Mireille accepta donc avec entrain et soupira d’aise en se souvenant qu’elle s’était épilée trois jours plus tôt. Ses dessous n’étaient certes pas très frais, mais pouvaient encore donner le change. »
.

 Sur Amazon Sur le site de l’éditeur

Nathalie et ses bonnes œuvres, de ChocolatCannelle, aux éditions Dominique Leroy. Illustré par Chairminator

Catégories
érotique

Témoin – ChocolatCannelle

Voici une nouvelle d’une dizaine de pages, parue aux éditions « Sous la cape », une maison qui publie des textes insolites, décapants, dérangeants même… Bref, ce qui ne se publie pas ailleurs.

témoinMagali est conviée au mariage de son amie Nadège. Mais… Elle cultive un grief de longue date envers la mariée. Celle-ci épouse Fabrice, l’homme que Magali aimait autrefois… Et qu’elle aime peut-être encore. Magali fulmine sa revanche. Ce mariage sera l’occasion rêvée pour s’affirmer, et pour régler ses comptes. Elle s’ingénie à provoquer les invités mâles. Elle parvient sans peine à les attirer dans tous les endroits alentour, et à obtenir les faveurs désirées… Jusqu’à une gâterie sous la table du repas nuptial… Avec une personnalité de marque ! Mais je n’en dis pas plus, ce serait rompre l’intrigue.

L’écriture de l’auteur est soignée, classieuse, avec un vocabulaire riche et un style impeccable, sans oublier une pointe d’humour discret. Le lecteur tourne sans peine les pages, intrigué de savoir comment cette diablesse de Magali va parvenir à mettre le chaos, en toute discrétion, dans cette noce qui s’annonçait pourtant sereine, et qui le restera… En apparence. L’histoire est bien menée, rapide, les scènes érotiques sont intenses et audacieuses… Peut-être un peu courtes. Le lecteur n’a guère le temps de reprendre ses esprits que déjà la suite arrive, et elle est rocambolesque… C’est ultra difficile de passionner un lecteur sur un format aussi court, et l’auteur y arrive avec brio. Mais certains lecteurs auraient peut-être aimé que l’histoire continue et que les personnages et les situations soient plus amplement décrits.

C’est un moment d’érotisme décomplexé et savoureux, qui ravira tous les amateurs du genre.

Sur Amazon

Sur Numilog

Chez l’éditeur

Témoin – ChocolatCannelle. Éditions Sous la cape