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Grand vin

l’Académie des âmes abîmées – Thierry Cohen

Dylan est un adolescent malchanceux et meurtri. Détesté par son père, maltraité par celui-ci, méprisé, sa vie est particulièrement sombre. Seul son frère connaît son calvaire et voudrait l’aider, mais que faire ?

Le sort de Lana est à peine plus enviable. Devenue souffre-douleur des jeunes de son école, sa vie est un enfer dont elle ne parvient pas à sortir. De plus en plus humiliée, voilà que ces tortionnaires menacent de la harceler par les réseaux et de diffuser des images compromettantes. Poussée à bout, elle finit par choisir le suicide.

Heureusement, une main providentielle vient en aide à ces deux jeunes perdus, et ils se retrouvent soudain à l’académie. Les voilà sauvés, guidés par des hommes généreux, qui ont créé ce lieu pour venir en aide aux âmes en grande souffrance.

l'Académie des âmes abîméesPour Sofian, ce sera un peu plus difficile. Il est tombé dans les mains de djihadistes qui l’ont enrôlé. Il doit partir le soir même, mais il pressent le danger. Il lui reste quelques heures pour se sortir de sa situation et s’arracher des mains de ses coreligionnaires, mais comment faire, alors que le piège s’est déjà refermé ?

Thierry Cohen nous fait rencontrer, dans ce roman, des personnages qui lui sont coutumiers, de belles personnes confrontées aux difficultés de l’existence, des âmes écorchées qui tentent de se reconstruite à leur façon. Ces ados sont touchants et vibrants d’émotions, réalistes aussi, ils pourraient figurer dans la page “faits divers” d’un grand journal. Cependant, cette académie des âmes abîmées est un lieu insolite, à nul autre pareil. On y dispense des matières usuelles, mais aussi de la philosophie adaptée à leur situation, des leçons de vie et même des cours de défense. Ici on rejoint un peu les livres de Frédéric Lenoir, par le côté morale inspirée de diverses tendances et de bribes de religions. Le tout avec le talent de l’auteur, vu par sa lorgnette singulière . Une excellente lecture, riche de sens et agréable, portée par une écriture fluide. Il me reste à le classer dans une catégorie de notre site… Je me résoudrai à lui donner trois verres. Il manque un rien pour lui attribuer le titre prestigieux de « premier grand cru ». L’histoire est peut-être trop bien écrite, qui défile comme une symphonie, un peu lisse et prévisible par moments. J’aurais aimé plus d’aspérités dans certains chapitres…

l’Académie des âmes abîmées – Thierry Cohen

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Cru bourgeois

Je n’étais qu’un fou – Thierry Cohen

Présentation de l’éditeur :

New York, Upper East Side. Samuel Sanderson est un écrivain célèbre et adulé par le public qui profite de sa notoriété pour séduire ses lectrices… Jusqu’au jour où un curieux message lui arrive sur Facebook : « Je suis toi dans vingt ans. Et je viens t’avertir des drames à venir. »

Qui se cache derrière cette mise en garde ? Un lecteur dément ? Un confrère jaloux ? Une femme délaissée ? Un proche qui voudrait lui faire changer de vie ?

Ou s’agit-il vraiment de son double ?

Pris au piège, Samuel part à la recherche de son mystérieux messager. Une quête effrénée et paranoïaque qui le conduira aux frontières de l’amour et de l’impossible.

Mon avis :

J’avais beaucoup aimé le roman précédent de l’auteur, « Si un jour la vie t’arrache à moi », et j’ai été agréablement surpris de trouver son dernier opus dans ma boite (aux lettres), qui est heureusement conçue pour recevoir d’épais volumes. Autre surprise aussi, une gentille dédicace, après quoi l’on n’a vraiment plus le courage de dire quoi que ce soit de négatif à son sujet. Merci beaucoup donc à l’auteur.

Je n'étais qu'un fouJe me suis aussitôt attelé à la lecture de cet ouvrage. Il n’y a pas à dire, la qualité d’écriture est excellente, compte tenu qu’il s’adresse à un large public. Bien meilleure que Musso et surtout Lévy.

L’auteur nous dresse le portrait d’un homme tel qu’il aime à les dessiner, un écrivain à succès mais qui est constamment harcelé par le doute. Il se laisse séduire par l’une ou l’autre femme contactée par Facebook, mais un jour, un homonyme entre en contact avec lui pour le mettre en garde : sa fille est en danger.

Plus d’avis ici …

Je n’étais qu’un fou de Thierry Cohen

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Grand vin

Si un jour la vie t’arrache à moi – Thierry Cohen

C’est l’histoire d’un amour impossible, a priori. Elle est danseuse. Lui, un homme d’affaire à qui tout réussit, ou presque. Elle conçoit avec difficulté qu’il puisse l’aimer pour ce qu’elle est. Clara n’a rien à lui offrir, croit-elle, imaginant que son dessin à lui, Gabriel, se borne à jouer au séducteur et à la désirer le temps de quelque aventure. Mais il l’aime comme dans les films, avec une grande sincérité qui finit par l’emporter… Reste à vaincre la résistance farouche de ses parents à lui, qui ne veulent que ce qu’ils croient le meilleur pour leur fils. Ils ne le voient que marié à une femme d’envergure sans doute. Ce début rappelle un film culte des années ’70, avec love dans le titre. Rien de bien neuf a priori. Mais bien évidemment, un drame va bouleverser la vie de nos tendres tourtereaux….

Parallèlement, Alexandre vit une existence tumultueuse et bien moins rangée que Gabriel. De mensonge en perversion, il s’est laissé allé aux mirages de l’infidélité, il a déçu tout l’univers, ses associés, sa femme, sa fille, et même son amante. Sa vie atteint un point de rupture… Quand un beau soir, il a un accident.

Si un jour la vie t'arrache à moiLes deux couples sont réunis par le destin. La Providence leur joue un tour pendable. Pour retrouver Clara, qui meurt de chagrin dans un hôpital, Gabriel devra accepter l’ironie du sort inattendue et cocasse. Mais en dire plus serait trahir cette intrigue ouvragée…

Pour son énième roman, Thierry Cohen renoue avec les secrets qui ont fait sa réussite : une grande romance, des beaux sentiments confrontés à de moins nobles, un peu de magie, du surnaturel, et des personnages meurtris au plus profond de leur âme, et qui n’en finissent pas de battre leur coulpe. L’histoire dégage de grandes émotions, et même si la romance et la magie sont poussés à bout de force, on se laissera porter par cette petite saga qui défie les lois de la réalité et de la pesanteur. Si l’histoire ne présente rien de bien particulier dans son premier tiers, si ce n’est une Love Story à peine améliorée, la suite est rocambolesque et nous offre un grand spectacle amoureux, qui fera chavirer le cœur des lycéennes, mais aussi de toute personne sensible à cet univers tissé d’irrationnel. L’écriture est sobre, facile à lire, sans trop d’effets, les pages se tournent toutes seules. Mais à mon avis personnel, on eût pu entrer plus tôt dans l’intrigue qui tarde un peu à prendre consistance et ne se développe pleinement qu’à mi-parcours (d’où mon billet tardif. Longtemps il est resté sur ma table de chevet, sans que je me résolusse à progresser, jusqu’à ce que le surnaturel m’emporte). Par la suite, les rebondissements se succèdent, pour qu’enfin la vérité et la candeur soient réhabilitées, comme il se doit dans tout bon roman. Les personnages sont attachants dans leur amour et leur infinie miséricorde… Thierry Cohen nous offre un bon grand roman populaire, où tous les ingrédients sont réunis !

Si un jour la vie t’arrache à moi – Thierry Cohen

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Premier Grand Cru Classé

Si tu existes ailleurs – Thierry Cohen

Un homme, qui porte le doux prénom de Noam, avec ‘m’ ! À l’âge de 11 ans, sa mère est victime devant ses yeux d’un accident de voiture. Bouleversé, il commence une longue thérapie (zut j’ai oublié le nom du toubib…) Quelques années plus tard, c’est devenu un homme beau mais chamboulé. Il travaille pour une entreprise comme responsable des ventes, et est en proie à de méchants démons. Son patron est intraitable, c’est un affairiste qui ne voit que les chiffres. Noam souffre. Sa vie sentimentale est chaotique. Seule sa sœur lui apporte du réconfort, ainsi que sa fille, Anna, trois ans. Mais Anna fait à Noam une révélation terrible : il va mourir d’un arrêt cardiaque, ainsi que cinq autres personnes. Cette parole produit un choc. Noam craint la mort, depuis le départ de sa mère. Il vit dans l’angoisse. Terrifié, il décide de revoir son ancienne thérapeute. Celle-ci lui présente une collègue aux méthodes surprenantes, une sorte de para-psychologue, qui lui affirme un truc étrange : Dieu se manifeste à travers certains être purs, des enfants, des handicapés, des âmes authentiques. Noam part en Israël, à la rencontre d’une enfant autiste, Sarah… Là-bas la parole des enfants est considérée sacrée, ils sont consultés pour leur pouvoir divinatoire… Commence une longue quête…

Si tu existes ailleursC’est assez rare, mais je n’ai rien trouvé de vraiment négatif dans ce roman parfaitement maitrisé, comme disent les critiques littéraires. Que des points positifs, à commencer par le mélange de réalisme et de fantastique, savamment dosé. On entre dans cette vie parfaitement crédible, amplement décrite. Ce Noam s’impose à nos yeux, avec ses craintes. Je suis vraiment entré dans la peau de ce personnage. Outre la similitude de prénom, il m’a donné à voir ma propre tourmente. Noam, c’était moi ! Je me suis senti embarqué dans cette histoire qui est aussi la mienne. J’ai adoré cet homme sensible, à mille parsecs des clichés en la matière. En effet, les médias ne cessent de nous marteler des histoires d’hommes violents et dominateurs, comme s’il n’y avait que ça au monde… On a l’impression que tous les hommes sont des brutes épaisses. Ça (m’a) fait plaisir de lire pour une fois l’histoire d’un homme fragile, comme il en existe tant !

Ensuite, rendons grâce à l’écriture à la fois lisible et riche, avec une jolie syntaxe. L’auteur entrelace des chapitres narratifs, des dialogues, et des extraits du journal de Noam. Le point de vue est sensible, tout en nuance, jamais ennuyeux, pour peu qu’on ait un minimum de finesse… On glisse subrepticement dans le surnaturel, sans s’en apercevoir, sur un fond réaliste prenant.

Si tu existes ailleurs – Thierry Cohen. Éditions Flammarion