Catégories
Comestible ?

La Dégustation – Yann Queffélec

Michel, 50 ans, riche propriétaire d’un domaine viticole épouse en 1973 Muriel, de trente ans sa cadette. Il traîne derrière lui un lourd passé de collaboration lors de la Seconde Guerre Mondiale, allant même jusqu’à être à l’origine de la déportation de la grand-mère de Muriel …

la degustationPlus on avance dans ce récit pourtant court, plus l’agacement nous gagne … Irritants le cynisme froid et l’antisémitisme larvé de Michel. Irritante la passivité de Muriel qui fait la sourde alors qu’en elle-même elle sait, elle a reconnu Michel. Agaçante la confrontation inaboutie entre les deux époux au moment de vérité. Agaçant le dénouement qui ne résout rien et n’apporte aucune réponse. Pour conclure, j’ai refermé ce livre, exaspérée.

La plume de Yann Quefféllec est vraiment inégale … En suivant son chemin d’écriture, nous allons de ravissements en déceptions. Ce roman-ci est un désastre ! Autant j’avais pu me délecter de « La Mineure » qui dégageait un charme envoûtant derrière une plume pudique, autant « La dégustation » m’a donné la migraine. Il me reste à lire « Les Noces Barbares » pour me réconcilier avec un auteur qui m’a déjà donné de beaux souvenirs de lecture mais aussi … du fil à retordre au fil de pages que j’ai maudites !

En refermant le livre, j’ai été tentée par une dégustation … d’aspirine.

« La Dégustation » – Yann Queffélec – Fayard 11/2005

Une réponse sur « La Dégustation – Yann Queffélec »

Bonjour Céleste et merci pour cette note de lecture.

Queffelec est en effet très inconstant. Je puis recommander Happy Birthday Sarrah et surtout Les Noces Barbares. Certes l’histoire en soi n’a rien de très attachant. Une jeune fille est violée par des soldats américains, pratique généralisée dans l’Europe de l’après-guerre, a tel point que Eisenhower a dû envoyer sur la potence des centaines de soldats coupables de viol, pour inciter au calme et au respect.
Ce livre, c’est l’histoire d’une féminité et d’une enfance massacrées, mais c’est surtout une écriture éblouissante, en particulier la troisième partie. Pour ma part, je crois que le roman originel de Queffelec a été fortement retouché. Ses affinités avec la directrice de la maison d’édition tendent à le confirmer.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *