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La Langoureuse – Etienne Ethaire

Maleea, ado un peu masculine ne manque pas de caractère, et elle est décrite avec fougue. Tout repose sur elle. Pari difficile… Réussi ? Voire… Elle m’a plu, dans son genre « je me fous du monde entier », mais elle ne m’a pas toujours touché.

E. Ethaire nous donne à lire les tourments d’une ado. Il écrit, paraît-il, toujours sous une identité féminine. Pourquoi pas ? Ce n’est pas le seul mâle qui essaie de se mettre dans la peau d’une femme, et c’est un exercice qui demande un grand talent (compte tenu de la complexité de cette dernière). Labro et Lamartine s’y sont risqué eux aussi…

Maleea, ado un peu masculine ne manque pas de caractère, et elle est décrite avec fougue. Tout repose sur elle. Pari difficile… Et réussi…! Elle m’a plu, dans son genre « je me fous du monde entier », elle m’a souvent touché.  La quatrième de couv’ nous annonce qu’il s’agit d’un « thriller psychologique au style incisif ». Et c’est vrai qu’il y a une psychologie dans ce texte, peut-être pas comme dans les romans du début du siècle dernier. Cependant cette jeune personne peut sembler un rien égocentrique et superficielle. Les épreuves ont l’air de lui couler dessus comme de la mayonnaise sur un boulet-frites à la liégeoise. Ce n’est toutefois qu’apparences !

Il y a beaucoup de bonnes idées.

Le style, précis et riche, aurait pu porter l’ouvrage encore plus haut. Le ton constant, toujours un peu ironique, est amusant mais parfois monotone (à mon goût).

En résumé, voilà un bon roman, qui aurait pu bénéficier de quelque chose de plus pour gagner un large lectorat en ces périodes difficiles, où le lecteur ne lit plus que sur écrans. Mais j’ignore ce qui aurait pu porter cet ouvrage plus haut. Peut-être l’auteur ne cherche-t-il guère le succès, et tourne-t-il volontairement le dos aux recettes trop commerciales… Liberté, choix d’artiste, indiscutables par essence.

La Langoureuse – Etienne Ethaire – Éditions du Somnambule Equivoque

26 réponses sur « La Langoureuse – Etienne Ethaire »

Personnellement je suis assez déçu de cet éditeur.

D’abord parce que ses publications sont assez variables en qualité.

Secondo, je me suis intéressé à eux, ai passé un certain temps à la foire du livre, j’ai acheté et lu certains titres. Bon. Quand j’ai envoyé un mail pour demander s’ils seraient intéressés par mon dernier recueil, je n’ai pas eu de réponse; Je trouve que c’est un minimum de répondre , en particulier par mail, ça ne prend pas beaucoup de temps.
C’est un droit de ne pas répondre, certes, mais moi mon droit de lecteur c’est d’acheter ou pas, et mon droit de blogueur c’est de parler de ce que je veux.

Inégal en qualité, c’est vrai. Mais y’a quelques pépites dedans.
Moi, je leur ai aussi écrit et on m’a répondu. Peut-être n’as-tu pas écrit au secrétariat?

Oui bien sûr il y a des pépites. Quand je dis « variable » ça veut dire du moins bon mais aussi du tout bon.

De chez eux, j’ai aimé le livre de Fidéline Dujeu dont je parle ailleurs sur ce site.

D’Etienne Ethaire il y a Funérarium qui d’après Céleste est excellent. Peut-être viendra-t-elle nous en parler.

Quant aux réponses, je me suis adressé au responsable de publication (P. Bachy)

Ce roman-ci je ne pense pas qu’on puisse le considérer comme une pepite , en dépit de ses qualités. Disons qu’il n’entre pas dans ma lignée éditoriale personnelle
Je manque de recul pour cet éditeur, n’ayant lu que celivre, mais j’ai aucun doute qu’il y ait du très bon.

Bonsoir
@ Noann
A mon avis, si vous avez contacté directement Mr Bachy, je comprends que vous n’ayez pas eu de réponse. C’est le directeur littéraire, je l’ai croisé deux fois et il m’a toujours eu l’air complètement débordé. En principe, il faut s’adresser à Séraphine, au secrétariat via info@lesomnambule.be C’est elle qui transmet alors à des lecteurs et si l’avis des lecteurs est positif, ça vient alors entre les mains de Mr Bachy.
Notez que je n’ai pas été édité par le Somnambule malgré mes espoirs, mais j’ai eu droit à une réponse personnalisée et à une explication correcte avec critiques positives et négatives.

« En principe, il faut s’adresser à Séraphine, au secrétariat via info@lesomnambule.be C’est elle qui transmet alors à des lecteurs et si l’avis des lecteurs est positif, ça vient alors entre les mains de Mr Bachy. »

Au fait, vous en savez des choses pour un simple expéditeur de manuscrit refusé…………..

Merci pour cet éclaircissement

J’avais écrit un message au secrétariat qui m’avait donné l’adresse mail de Mr Bachy. Ensuite plus rien…

Ce n’est finalement pas très grave, il y a d’autres éditeurs. Le Somnambule se fait rare chez les libraires.

Merci de ton passage LecteurAvide, dommage que nous n’en sachions pas plus. J’aurais aimé connaitre vos (tes) ouvrages. Avoir une réponse détaillée est déjà en soi une petit reconnaissance. Beaucoup d’éditeurs ne se donnent pas ce mal.

Re-Bonjour,
Mon roman n’a pas été publié finalement, et je ne cherche plus d’éditeur non plus. J’ai arrêté l’écriture et je me contente de lire 🙂
Par rapport au Somnambule, oui, je m’étais fort renseigné sur la manière de proposer un manuscrit car c’est un éditeur qui préfère travailler en réseau. Et j’ai eu l’occasion de rencontrer Mr Bachy et Mme Séraphine (plus abordable il est vrai) au Salon des Indépendants qui se tient chaque année aux Halles de Schaerbeek. Mais ça date maintenant de 3 et 4 ans. 🙂

Bonjour,
J’ai découvert votre site hier grâce à mes recherches sur Camille Laurens. Tout d’abord je tiens à vous féliciter pour votre formidable travail qui rassemble des témoignages de lecteurs, et qui plus est de lecteurs sortant des sentiers battus et ayant manifestement un goût réel pour la littérature (les Jauffret, Laurens, … ici critiqués sont de grands auteurs) et non pour l’écriture de produits de consommation (les Musso, les Levie, les Nothomb…). Vraiment bravo à vous.
Je suis d’ailleurs très fier de me retrouver en pareille compagnie… Même si l’avis concernant ma Langoureuse est ici « mitigé ». Ce n’est pas grave, sachez que je respecte infiniment cet avis et que je remercie Yves Rogne de m’avoir lu si attentivement et d’avoir pris la peine de partager ses impressions.
Je pourrais évidemment réagir à bien des points de la critique, dans ses éléments positifs comme dans ses éléments négatifs, mais cela nous entraînerait sans doute dans de trop vastes débats sur la littérature, les goûts, les affinités. Or je comprends tout à fait qu’un roman comme La Langoureuse ne fasse pas l’unanimité. Le contraire, d’ailleurs, m’inquiéterait bien davantage…
Néanmoins, je ne peux m’empêcher de relever un point parce que ce point particulier me paraît faux et, en même temps, ne relève pas du subjectif. Yves Rogne écrit que le roman est linéaire. Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation : le texte oscille sans arrêt du présent au passé. Et quand les pensées de Maleea Lori se situent dans le passé, ces pensées ne suivent pas une ligne temporelle, mais au contraire mélangent les époques. Voilà, après avoir lu la critique, après l’avoir soupesée, j’ai tenu à intervenir sur ce point précis.
Etienne Ethaire
PS À travers le débat qui a suivi la critique, j’ai aussi lu qu’une certaine Céleste avait lu (et même apprécié ?) Funérarium, mon dernier roman. Je serais bien évidemment ravi de lire sa critique sur votre site.

Ah la la mais il faut absolument que nous retrouvions ce « Funérarium » dont j’ai entendu tant de bien, et en parler ici.

Etienne Ethaire, merci de votre passage, mais ne vous offusquez pas, nous aimons rire…

Je suis fier de vous recevoir ici et en même temps un peu gêné que votre livre ne soit pas sublimé. Mais rassurez-vous, quand on dit « mitigé », ce n’est pas mauvais du tout. Ca veut dire qu’il y a eu des points positifs et d’autres qui nous ont moins plus. Sachez qu’il existe une catégorie en dessous (comestible?) et encore une autre plus bas qui a été supprimée (piquette je crois). Donc « mitigé » correspond à deux étoiles, pas mal quand même.

Comme vous dites on ne peut pas plaire à tout le monde. Moi j’ai entendu dire du bien des vos livres, j’ai parcouru « la langoureuse », quelques pages il y a des années, autant que je me souvienne l’écriture était profonde. Autant qu’on puisse en juger debout dans une librarie. Pourquoi je ne l’ai pas acheté ? Je ne m’en souviens plus…

Où se cache Yves ? Viens t’expliquer très cher ! Faut assumer maintenant !

Je ne me cache pas No-no

Je me suis peut-être mal exprimé. Le style m’a convaincu, je l’ai dit, il est riche, précis, un style de qualité , une belle écriture

En revanche , ce que j’ai moins apprécié c’est la constance du style, c’est ça que je voulais dire quand je parlais de linéarité, c’est que le ton est assez régulier et un peu monotone. Il y a une sorte d’ironie constante qui n’est pas toujours de bon aloi et m’a dérouté. C’est une histoire dramatique en soi et dans les instants de drame le ton garde cette ironie qui devient déplacée et déroute. En effet le ton reste ironique donc léger meme dans les parties dramatiques de l’histoire. Zut il me faut mes lunettes je n’y vois plus rien avec ces écrans. Ah l’âge

Bon me revoici

Oui alors, j’ai été ironique moi meme mais c’est dnas ma nature comme dans celle d’Etienne, je le devine. Etienne est un bon vivant et un homme, il a écrit la vie d’une femme, avec ses cahots et ses déchirures et c’est peut être la que ça coince. Je n’ai pas senti la jeune femme en détresse, pas assez. Comme Noann qui a écrit aussi la vie d’une femme en désarroi et que je n’avais pas sentie parce que parfois trop masculine et je lui ai dit. Vous etes des hommes et vous écrivez des biographies de femmes, c’est très dur. Meme constat pour Lamartine et Labro qui s’y sont risqué et se sont plantés
On sent toujours un peu l’homme derrière qui tient la plume

Voila – peut etre – où le bat blesse. J’ai trouvé que l’on aurait pu aussi éviter de perdre le lecteur dans les détails mais sur ce point je reconnais etre difficile

Un bon livre quand meme, comme le dit l’autre ivrogne, il a fallu choisir une rubrique car ce site est conçu ainsi. A l’epoque j’avais le choix entre cinq ou six, d’ imbuvable à ennivrant et mitigé était au milieu Mitigé correspondait à une note moyenne

Zut on devriat peutetre aboandonner ce classement et meme abondonner de parler des livres qu’on n’a pas aimé ou pas totakement pour ne parler que de nos coups de couer

Enfin voila moi pas trop gêné car moi avoir bien lu . moi avoir à un moment supprimé ma note. Mais quelques semaines après moi avoir relu un peu de ce livre et trouvé ma note juste, et donc moi y en a avoir remis ma note

Sorry Etienne mais en dépit de toutes ses qualités, j’ai apprécié votre livre sans l’avoir adoré

Je réalise de plus en plus que nous cherchons à expliquer pourquoi nous n’avons pas aimé ou adoré un livre, et que la raison relève parfois de l’impression et du subjectif, donc difficilement explicable.

J’ai eu ici même une discussion avec D. Arché qui s’offusquait de mes propos au sujet de son roman paru au Seuil. En fait j’ai essayé de me justifier (ce que je n’avais pas faire – mais c’est aussi une question de crédit), me justifier au sujet de goûts et de couleurs. Il y a mille petites choses difficiles à exprimer, parfois des points de détails qui, mis bout à bout, font que l’on n’aime pas.

Généralement je prends des notes en apostille. Certains de mes livres sont jalonnés de remarques. Ensuite de quoi je fais un billet où j’exprime en quelques mots ma déception. Mais à côté de cela, il reste les dizaines de notes en marge, qui exprimeraient mieux mon avis mais prendraient tellement de temps à être recopiées de façon lisible, et que personne ne lirait sans doute.

Abandonner les classements en catégories ?
Mais c’est aussi ce qui fait le charme du blog me semble-t-il…
Peut-être devrait-on tous lire les mêmes livres, comme chez Yohan, et donner un avis collégial, mais quel travail !

(Re)Bonjour,
Cher Yves Rogne,
Je vous assure encore qu’il n’y a aucun problème par rapport à votre critique. Je ne suis ni vexé, ni déçu. Je suis globalement heureux que l’on prenne la peine de me critiquer, et ceci doit forcément englober des avis positifs comme des avis négatifs. Je n’ai du reste pas la prétention de plaire à tout le monde.
J’ai par ailleurs reçu suffisamment de critiques (positives du reste) dans la presse et d’avis enthousiastes de lecteurs pour être totalement en accord avec mon travail d’auteur et accepter sans aucune difficulté des opinions négatives. Ce serait leur absence qui m’inquiéterait.
Par rapport à votre idée de ne parler sur ce site que des livres « coup de coeur », par rapport à la suppression des catégories les plus basses (la rubrique Piquette, comme me l’a dit par ailleurs Noann), sachez que je trouve cela très dommage. Un site de critiques n’a de sens que s’il évoque à la fois les quatre étoiles et… les descentes en flamme. C’est à cette caractéristique que se remarque une vraie entreprise de travail critique. La note « mitigée » aurait en effet plus de valeur si demeuraient deux catégories inférieures. De même vos grands crus et vos vins enivrants perdent de la valeur à cause de l’absence ou de la disparition de ces critiques « piquette ».
Il n’y pas de ménagement à nourrir en matière critique. Les avis doivent explorer tous les champs du possible sous peine de perdre de leur crédibilité ou pire de ne plus apparaître que comme des coups de pouce promotionnels.
Vive la critique libre.
Bien à vous
Etienne

Merci pour votre avis et cet échange fructueux.

Problématique quand même, le fait de classer des œuvres d’art que sont les livres… ici en crus, ailleurs en étoiles…

Pour moi compte surtout la valeur littéraire dans ce classement. Ainsi, j’ai mis « mitigé » pour Jelinek. Bien qu’ayant aimé son roman, qui est toujours près de moi sur mon bureau, je trouvais qu’on ne pouvait pas le ranger dans la même catégorie qualitative que d’autres, plus ouvragés.

Vous voyez, je classe dans « mitigé » un livre qui a eu un succès fou, écrit par un prix Nobel, que j’ai aimé… Le style qui m’a emporté, je l’ai aussi trouvé bâclé, c’est ce qui fait son charme mais a contrario je ne peux pas appeler cela de la grande écriture.

Mitigé, ça veut dire aussi, on a aimé, voire adoré certaines facettes, moins apprécié d’autres.

Tous les avis sont subjectifs. Ils se basent sur une perception qui est personnelle, un ressenti.
C’est pour ça que les étoiles et les caractères grand cru ou piquette sont utiles, ils indiquent au lecteur du site qu’il s’agit d’un classement, et donc qu’on se trouve dans cette subjectivité.
En ce qui me concerne, je trouve le style de Jelinek extrêmement ouvragé, d’une précision chirurgicale, cela dans le chaos qui est le sien bien sûr.
Bien à vous
Etienne

En fait quand je parlais de Jelinek, je n’ai lu que les Amantes, qui n’est sans doute pas représentatif de toute son œuvre. Là l’écriture n’est pas d’une précision chirurgicale, elle est brute, je ne pense pas qu’il y ait un grand travail de peaufinage, lequel aurait nuit à l’émotion pure

Il faut voir aussi l’effet désastreux que peut avoir la traduction. Les Amantes est-il traduisable ?

Cher Ethienne Ethaire

Je suis volontiers très critique, je le reconnais, limite râleur mais je suis integre

Les critiques de journalistes moi je n’aime pas ca du tout
c’est fou comme nous blogolecteurs lambda on peut ne pas aimer un livre que les journalistes eux ont trouvé génial.

Je me suis dit que j’alais lire votre Funérarium et voir à mettre un avis à son sujet, mais je ne l’ai pas trouvé dans mes libraireis habitelles. Je pense le commander chez l’éditeur. Comme je vous ai déjà accablé, si je l’aime bien j’en parlerai, si je ne l’aime pas je n’en dirai rein
Ou je passerai la patate chaude à un autre. Céleste ? L’as-tu retrouvé ou t’en souviens-tu assez pour en parler ?

Chère Noann, vous avez raison de dire que la littérature de Jelinek est brute. Je la disais abrasive, rugueuse, âpre, j’y mettais aussi ce sens de brute (violent) ou de brut (comme un diamant pas poli). Pourtant, j’ai la faiblesse de croire que, pour arriver à ce brut-là, à cette âpreté-là, pour rendre cet aspect écorché au possible, rien n’est laissé au hasard chez Jelinek. C’est à mon avis un caractère brut qui a été pensé, travaillé de manière très précise. Je n’ai pas l’impression que Jelinek choisisse ses tournures ou ses mots à l’a-peu près, sans y réfléchir, en toute spontanéité. Ou alors, son talent inné est encore plus grand que je ne le crois… Il y a en tout cas de la folie en elle. Mais, pour ma part, je crois aussi qu’il y a un grand travail dans le rendu de cette folie. Je peux certes me tromper.
Les Amantes est assez représentatif, me semble-t-il. Jelinek a son style et le maintient d’oeuvre en oeuvre même si, pour ma part, je préfère Lust ou La Pianiste.
Ce qui est sûr en tout cas, et vous avez raison de le mentionner, c’est que ce doit en effet être une écrivain difficile à traduire. Ne connaissant pas un seul mot d’allemand, je dois bien accepter de la lire par le biais de traductions… en croisant les doigts pour que celles-ci soient les plus fidèles possibles.
PS Si vous surfez sur ma page http://www.etienne-ethaire.net/ref%20lit.html, vous verrez que Jelinek y est bien représentée, avec trois livres qui apparaissent quand on fait passer la souris sur sa photo.

Cher Yves Rogne, eh oui, Funérarium n’est plus une nouveauté désormais, le livre date de quasi un an, et donc vu le turn-over important des librairies, il est difficile d’encore le trouver à part chez les deux ou trois libraires qui me suivent particulièrement. Cela dit, il est possible de le commander dans toute librairie. Et puis, je ne peux que vous recommander cet excellent lien http://www.rezolibre.com/detail.php?article=2467 par lequel vous recevriez Funérarium dans votre boîte aux lettres, et dans les meilleurs délais. Je serais en tout cas bien heureux de recevoir votre critique, que celle-ci soit positive ou négative.

Bonne journée à tous

Je pencherais plutôt pour l’écriture automatique d’un talent de la littérature
Après-tout il s’agit d’un prix Nobel.

Il me semble que souvent, plus on travaille les phrases, moins elles deviennent naturelles ? J’ai un peu de mal à croire que le style Jelinek soit le fruit d’un long travail, du moins, il y a certainement un travail intellectuel et un cheminement, pour arriver à cette structure de pensée et cette façon d’écrire, mais je crois que, une fois qu’elle commence un livre, forte de cette « expérience », elle ne doit pas tourner en rond et ne doit guère se relire. Donc je pense toujours que c’est une écriture peu ouvragée, mais de quelqu’un qui accompli un chemin, qui a travaillé dans sa tête. Je la comparerai volontiers à un musicien chevronné, qui fait des prouesses dès qu’il touche son instrument, sans chercher, sans calcul. Ca doit lui paraitre simple, mais c’est aussi le résultat d’années de pratique

Sur mon site d’auteur, j’ai dit que l’écriture, selon moi, est un chemin à suivre. Je ne sais pas si grand nombre de lecteurs a compris. Je voulais dire que nous cheminons, nous suivons nos routes, faisons des erreurs, revenons en arrière. Et puis, un jour, nous débouchons sur une clairière de lecteurs, où la rencontre se fait. C’est un chemin de pensée autant qu’un chemin d’écriture. La pensée est comme la carte, le guide qui montre la route. L’écriture est le moyen, la route même.
On progresse dans sa façon de réfléchir en même temps que dans sa façon de dire nos pensées.

Et j’aime bien les paroles de St Augustin : suis-la ta route, car c’est toi qui la construit avec tes pas.

Chère Noann,
Je ne crois pas du tout que plus on travaille les phrases, moins elles deviennent naturelles.
Il y a les deux cas. Parfois oui, parfois pas du tout.
C’est souvent une question de talent, mais aussi de style, de rythme, de musique.
Bien sûr, la musique de Jelinek est sans cesse hachée…
A mon avis, tout est travaillé chez elle. Jusqu’à la moindre virgule, jusqu’à la moindre coupure de phrase. Jusqu’aux répétitions, voulues et insistantes pour marquer tantôt l’ironie, tantôt l’absurdité, etc, etc.
Mais chez Jelinek, c’est vrai, le travail se porte avant tout sur la structure. Là, se repère son génie.
Sinon, c’est vrai aussi qu’elle a eu le Prix Nobel, mais c’est un Nobel à la limite incompréhensible, dans la mesure où Jelinek est archi contemporaine, complètement à contre courant du classicisme et de l’académisme qui prévaut d’habitude à l’élection des Nobel.

J’ajoute que tout dépend aussi de ce que l’on entend par « ouvragé ».
Jelinek fait des phrases puis les triture, les malaxe, les coupe, les déstructure… Là, se situe un véritable travail sur la langue. Un travail que je trouve imposant et remarquable. D’autant plus remarquable qu’il y a du fond derrière, une vraie vision de la société.
Bien sûr, elle est à l’antithèse de ce qui s’appellerait « travailler le style pour faire de belles phrases (à l’apparence naturelles) ». Elle ne verse pas non plus dans la poésie. La belle phrase, naturelle et stylée, c’est dépassé pour Jelinek. Elle porte la littérature plus loin, dans un autre espace. Comme le fit Marguerite Duras avant elle. Comme le fait Chloé Delaume aujourd’hui.
Voilà, pour conclure mon avis sur Jelinek. Je vous laisse le mot de la fin, je ne doute pas qu’il y aura une réponse 🙂
Bonne journée à tous
Etienne

Oui je comprends bien.
Tout à fait, un auteur peut fort bien travailler beaucoup et parvenir à un style qui parait naturel et spontané, c’est même probablement l’aboutissement de cet art.
Ce qui me trompe sans doute, c’est ma petite expérience de plumitif. J’ai l’impression qu’il faut que j’arrête de peaufiner les phrases, parce qu’à partir d’un certain point, elles en deviennent moins vraies. Mais je ne suis évidemment pas au niveau d’aucun de ces écrivains dont nous parlons ici.

Le summum n’est-il pas de parvenir à ce stade où le style soutient l’idée, l’épouse, la porte, sans pour autant en avoir l’air …

En ce sens, en effet, Jelinek réussit brillamment. Elle donne une ambiance, un ton, et ce avec des bouts de phrases qui semblent tomber toutes seules.

Bonsoir,
Intéressants échanges que les vôtres Noann et Etienne. Je ne peux m’immiscer entre vous n’ayant pas lu ce « fameux » Jelinek … Je vais de ce pas me le procurer et viendrai déposer ici mon ressenti …
Céleste

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