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Où on va papa ? – Jean-Louis Fournier

L’histoire pas banale d’un papa pas comme tous les papas, le papa de deux garçons qui n’ont pas eu de chance. Une longue lettre à ses enfants lourdement touchés par le handicap, sur un ton léger, ironique… peut-être un peu trop !

livrogne point com

L’histoire pas banale d’un papa pas comme tous les papas, le papa de deux garçons qui n’ont pas eu de chance. Une longue lettre à ses enfants lourdement touchés par le handicap, sur un ton léger, ironique… peut-être un peu trop !

Jean-Louis Fournier possède un talent inouï, une sorte de don qui lui permet de nous émouvoir en trois mots, nous faire pleurer de rire ou rire aux larmes. Désespoir d’un père qui retourne la situation, prend son sort avec bonhomie, choisit le parti de la dérision… un rire amer, désabusé. C’est drôle parfois, bouleversant, mais un peu lourd aussi, à la longue. Peut-on s’amuser de tout, comment et jusqu’où ? D’un côté ce livre est bien écrit, une histoire vécue en apparence, mais est-ce qu’un papa peut se gausser de ses enfants handicapés ? En général, leurs parents les adorent ou les détestent. C’est tout ou rien. Mais en rient-ils ? J’ai vu dans ce livre une longue doléance déchirante, exposée avec vivacité et talent, mais lu d’une autre façon, on peut y voir aussi une sorte d’insulte aux enfants malchanceux.

Extraits :

Si un enfant qui naît, c’est un miracle, un enfant handicapé c’est un miracle à l’envers.

Notre album de photos de famille est plat comme une limande. On n’a pas beaucoup de photos d’eux, on n’a pas envie de les montrer.

Quand on les prend dans les bras, on a l’impression de tenir un robot. Une poupée en fer.

Notre chance s’est appelée Marie, elle était normale et très jolie. C’était normal, on avait fait deux brouillons avant.

Elle est terrible la mort de celui qui n’a jamais été heureux, celui qui est venu faire un petit tour sur Terre seulement pour souffrir.

Où on va papa ? – Jean-Louis Fournier. Éditions Stock, le Livre de poche

4 réponses sur « Où on va papa ? – Jean-Louis Fournier »

Je ne l’ai pas lu, Noann, mais si c’est une histoire vécue, le ton cynique et choquant, la dérision, l’ironie impudique (je me fie aux extraits que tu rapportes), pourraient bien s’expliquer par l’amour… C’est une hypothèse. Un père malheureux des souffrances endurées -pour et par- ses enfants, des enfants à coup sûr malmenés par l’environnement extra-familial, sujets de railleries et/ou de pitié (c’est horrible, la pitié !), pourrait à travers cette écriture, renvoyer aux « peu compatissants », voire « aux imbéciles », les images, les pensées et les paroles cruelles qu’ils sont capables d’avoir pour « ces enfants là ». Une sorte de miroir pour un effet boomerang ? Un retour à l’envoyeur, un message : « mes propos vous dérangent, vous choquent ? Pourtant, ce sont les vôtres… »
Une autre hypothèse : l’amertume absolue d’un père, mêlée de rancune, à l’égard non pas des enfants, mais de ce qu’ils représentent de douloureux, d’insupportable, de sacrifices,…de destruction collatérale… ?
Je préfère la première option.
Quoi qu’il en soit, il s’agit en effet certainement d’un livre difficile, humainement parlant. On peut rire ou pleurer à sa lecture, mais les conséquences sont probablement les mêmes : on est très mal à l’aise…

Oui ton analyse ne manque pas de pertinence, même sans avoir lu le livre. Mais j’opte plutôt pour ta seconde hypothèse, Je n’ai pas suffisamment ressenti l’amour de ce père. Plus une amertume absolue.

Personnellement j’ai ressenti une sorte de malaise. D’un autre côté, je l’ai lu d’une traite.

Je le trouve quand même un rien trop sarcastique.

Côté émotion, aucun doute, tout y est. Côté technique de l’écriture, j’ai trouvé que le propos aurait pu être plus nuancé et moins monotone.

LA MAMAN
DE MATTHIEU ET THOMAS
le point de vue de la mère des deux handicapés

Version modifiée du site original
après mise en demeure de l’auteur et de l’éditeur du livre
Nov. 2009

Je suis la maman de Matthieu et Thomas les deux handicapés, héros malgré eux d’un livre à succès dont je n’ai pas le droit de donner le nom.

Il semble que beaucoup de lecteurs n’aient pas compris que ce livre était un roman et non une autobiographie, et qu’ils l’aient pris au premier degré, jusque dans ses détails les plus caricaturaux.
Ayant dû, depuis sa sortie, répondre à des questions absurdes et démentir des rumeurs farfelues sur ma vie et celles de mes garçons,
j’ai finalement décidé de publier ce site auquel ceux qui le désirent pourront se référer.
J’en profiterai pour tenter de rectifier l’image de mes fils. Image particulièrement maltraitée dans le livre d’après lequel ils n’auraient été que des désastres, des boulets à traîner, inutiles et honteux, et avec qui on n’aurait pu établir aucune véritable relation.
Je ne l’ai pas vécu comme ça.
Tout au long de ma vie, j’ai pris le temps nécessaire pour connaître et apprivoiser mes garçons. Je peux vous affirmer que leur existence n’a pas été inutile.

Je refuse l’idée désespérante
que le passage de Matthieu et de Thomas sur cette terre n’était finalement destiné à rien.
A rien d’autre qu’à accabler leur père et à servir de sujet à un livre, aussi excellent soit-il.

Agnès Brunet (mars 2009)

source : http://mamanmathieuetthomas.monsite-orange.fr/

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