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Grand vin

Infrarouge – Nancy Huston

Rena, 45 ans, photographe, mère de deux enfants, quatre maris et de nombreux amants … Cette femme tourmentée part quelques jours en Toscane avec son père Simon et la compagne de celui-ci.

Rena, 45 ans, photographe, mère de deux enfants, quatre maris et de nombreux amants … Cette femme tourmentée part quelques jours en Toscane avec son père Simon et la compagne de celui-ci.

Des vacances, qui s’annonçaient reposantes, vont tourner au cauchemar … Simon n’a plus la vivacité d’esprit d’autrefois et Ingrid, l’épouse hollandaise, est inculte … Vacances stériles …

L’auteur nous invite à suivre Rena, à travers huit chapitres palpitants qui s’enchaînent sans laisser un instant de répit au lecteur. Elle raconte ses colères à une amie imaginaire – refuge virtuel -, ses agacements face à la vie de couple, ses déceptions, ses souvenirs aussi, à commencer par ceux des hommes qui ont croisé sa vie, son goût pour l’amour.

Une première approche de cet auteur dont j’avais tant entendu parler et qui jusqu’ores ne m’inspirait pas … Et pourtant, voici un livre coup de cœur. Elle exploite en profondeur les thèmes comme  la famille, berceau de nos douleurs, l’absence de mère et ce féminisme revendiqué qui n’empêche pas le goût des hommes, tout cela dans une sorte de cavalcade de mots justes, vrais, émouvants.

De ce journal doux-amer on ressort certes bouleversé  mais finalement encouragé, avec le sentiment d’avoir refermé un livre fort, magnifique …

Sur la banquette rouge du café, Rena se penche de plus en plus vers la droite, s’effondrant doucement, insensiblement, contre le corps replet et maternel d’Ingrid. La nuit a été blanche, totalement blanche. Ingrid met un bras autour d’elle et il ne serait pas facile de dire qui, dans ce duo féminin, s’accroche à qui. Bien qu’elle ait les yeux fermés, Rena n’est pas en train de s’endormir, au contraire, elle capte les odeurs de javel et de lait moussant, sent l’âpreté du tabac au fond de sa gorge, trouve doux le contact du chemisier d’Ingrid contre sa joue et infiniment rassurants les bruits du café : tintement de cuillers, portes qui s’ouvrent et se referment, voix surtout, diverses et superposées, hommes d’affaires pressés de prendre leur ristretto avant d’embarquer pour Rome, ivrogne qui commande sa première bière de la journée, annonces sur haut-parleur des trains en partance ou à l’arrivée, bavardages entre serveuses.

Infrarouge – Nancy Huston, Actes Sud

8 réponses sur « Infrarouge – Nancy Huston »

Quand j’aurai le temps, j’irai jeter un coup d’oeil sur vos sites respectifs Marie et la Ruelle Bleue. Désolée, moi je n’ai ni site ni blog … je viens seulement ici déposer de temps en temps mon ressenti, comme simple lectrice … perdue dans cet univers immense du monde de la critique littéraire. Bonne journée à tous.
Merci à Noann de me laisser la plume ici dans ce magnifique site.

Un billet simple et sans prétention qui donne envie de lire. Promis dès que je le vois en librairie je le glisse dans le cabas.

Un livre qui provoque des avis partagés.
Je l’ai commencé et je suis enthousiaste. Émotions fortes bien exploitées et sensualité houleuse.

Nancy Huston est l’un de mes auteurs favoris. Je n’ai pas lu son dernier (=celui-ci) car j’ai lu de mauvais échos et je dois dire que je me suis lassée des ses derniers livres (lignes de faille par exemple), mais quelle femme, quel auteur !

(ps :Attention à la faute à son nom dans le titre du billet)

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