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Le remplaçant – Agnès Desarthe

On l’appelle Bousia, Boris, Baruch… ou triple B. Juif d’origine russe émigré en France, il est le faux grand-père, le remplaçant, celui qui a pris la place du grand-père biologique, déporté, assassiné. Il est moins intelligent que l’original, moins beau, moins tout, et pourtant… Pourtant triple B est touchant dans sa simplicité et son naturel. C’est un conteur, celui qui raconte de petites histoires aux réunions de famille – une tradition juive.

On l’appelle Bousia, Boris, Baruch… ou triple B. Juif d’origine russe émigré en France, il est le faux grand-père, le remplaçant, celui qui a pris la place du grand-père biologique, déporté, assassiné. Il est moins intelligent que l’original, moins beau, moins tout, et pourtant… Pourtant triple B est touchant dans sa simplicité et son naturel. C’est un conteur, celui qui raconte de petites histoires aux réunions de famille – une tradition juive. Mais personne ne l’écoute, ni les adultes, ni les enfants, pas même sa petite fille qui lui dédie pourtant un livre des décennies plus tard.

le remplacantUn livre que le talent glisse au-dessus de la moyenne. C’aurait pu être le récit quelconque d’un papy quelconque, gâteux, sentencieux. De mon temps ceci, de mon temps cela… Et c’est tout le contraire. Un mélange d’amour et d’humour, constellé de petites anecdotes qui ne tombent jamais dans le cliché. Il est beaucoup question de tout à petites doses, du communisme, des traditions, de la Shoah – ce mur qui défie la raison. Tout ceci vu sous l’angle des relations particulières entre une petite-fille et son grand-père, et raconté avec une plume sobre.

Un tout petit livre à dévorer le temps d’une pause ou d’un rendez-vous chez le dentiste…

Au moment où j’écris ces mots, triple B a quatre-vingt-seize ans. Il est alité, dans son appartement au huitième étage d’une tour du treizième arrondissement à Paris.  La plupart du temps, il dort. Quand il se réveille, il parle. Ce qu’il dit n’est pas toujours cohérent. La dernière fois que je l’ai vu, il m’a raconté les phantasmes sexuels de deux femmes de sa connaissance, avec beaucoup de délicatesse et d’humour. En sortant de chez lui, je me suis dit que c’était peut-être la dernière fois qu’il me parlait et je me suis réjouie à l’idée que, jusqu’au bout, il ait gardé la force et la fantaisie nécessaire à raconter, plutôt que de se borner à échanger des nouvelles.

Le remplaçant – Agnès Desarthe. Éditions de l’Olivier/ Points

5 réponses sur « Le remplaçant – Agnès Desarthe »

Séduite moi aussi par « La nuit brune » j’ai pris cette semaine à la librairie ce « Remplaçant ». Je reviendrais donc d’ici quelques temps vous dire si je partage vos impressions. 🙂

Vos impressions sont les bienvenues !
Quoi qu’il en soit, ce « remplaçant » se lit d’une traite, court petit livre où l’auteure évite adroitement le pathos et l’affliction personnelle.
Je le conseille !

C’est marrant je n’ai pas du tout eu la même lecture.
J’ai trouvé le roman clairement séparé en 2 parties, la première très bien (on y parle en effet du remplaçant) la deuxième complètement incompréhensible !!
L’arrivée d’un personnage qui perturbe l’ensemble du livre.
Moyen, limite mauvais est ma note !
Boulie

J’aime beaucoup A Desarthe et celui-ci ne m’a pas déçue.

Le style déjà, et les mots simples. Cela me suffit

Beau site
j’aime bien les livres qui volent!

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