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Du train où vont les choses à la fin d’un long hiver – Francis Dannemark

Christopher, un homme de 50 ans d’origine anglaise rencontre par inadvertance Emma une dame un rien plus jeune, à la gare de Bruxelles-Midi (qui est en fait située à l’ouest, la gare du Nord étant située au nord-est). Quelque temps plus tard, ils se retrouvent par inadvertance à la gare du Nord de Paris (qui elle porte bien son nom). Ils se reconnaissent, pas tout de suite, ils échangent d’abord quelques mots, et tiens tiens, je vous ai déjà vu, mais oui, vous étiez en Belgique, une fois… Ah oui, quel hasard… et vous allez où ? Je vais dans le sud. Ah tiens moi aussi… Et voilà que par inadvertance les deux personnes découvrent qu’elles ont le même objectif : Lisbonne.

couverture du train ou vont etc

Christopher, un homme de 50 ans d’origine anglaise rencontre Emma, une dame un rien plus jeune, à la gare de Bruxelles-Midi. Quelque temps plus tard, ils se retrouvent par hasard à la gare du Nord de Paris. Ils se reconnaissent, pas tout de suite, ils échangent d’abord quelques mots, et tiens tiens, je vous ai déjà vu, mais oui, vous étiez en Belgique, une fois… Ah oui, quel hasard… et vous allez où ? Je vais dans le sud. Ah tiens moi aussi… Et les deux personnes découvrent qu’elles ont le même objectif : Lisbonne. C’est un long trajet en train qui commence, et qui va leur permettre de se découvrir, peu à peu.  C’est donc autour d’un dialogue que ce petit livre est construit. Emma se dévoile, elle travaille dans un magasin bio, thé, plantes etc… a une sœur qui s’est entichée de son psy, homme de 27 ans plus vieux, mort récemment. Lui fuit les problèmes, il travaille dans la culture, organise des festivals, des rencontres etc… Il est désabusé comme on peut l’être à cet âge après une succession d’échecs et en profite pour donner son avis sur la société, l’art, la musique, le cinéma.couverture du train ou vont etc

Ce qui m’a surpris c’est que l’auteur a abandonné le style léger et poétique qui lui convenait bien. Certes, il s’agit d’un dialogue et il fallait que celui-ci soit réaliste. Il l’est, l’ambiance est bien rendue, c’est assez crédible. Mais ce mode de récit est un pari difficile et qui comporte des limitations. Ce dialogue tourne autour de tout et surtout de rien, de politique, de crise économique (avec quelques clichés !), sans  approfondir et dans un certain flou, comme toute discussion entre deux inconnus. Mieux eût valut quelques exemples concrets, des anecdotes. Les rencontres sont un terrain de jeu idéal pour un romancier, or ici l’auteur se prive un peu, en se cantonnant à des prémices, par essence superficielles. Les personnages sont authentiques mais ils m’ont un peu déçu par leur banalité. Il manque de pensées sensuelles, de questions comme il en trotte dans l’esprit d’un homme de 50 ans bien constitué. Est-ce que je lui plais ? Les sentiments sont-ils partagés ? Comment la séduire ? Rien de tout cela dans cette rencontre. D’un autre côté, tout peut être supposé, et c’est aussi ce qui peut rendre ce début d’histoire intéressant.

Du train où vont les choses à la fin d’un long hiver de Francis Dannemark. Éditions Robert Laffont

14 réponses sur « Du train où vont les choses à la fin d’un long hiver – Francis Dannemark »

Hello Clara

C’est une nouvelle qui tourne un peu le dos à tous les genres habituels, mais qui manque de quelque chose pour nous emporter.

Par contre les avis de journalistes et de chroniqueurs pros sont enthousiastes, sans réserve…!
Vive les blogs !

Dommage pour cet auteur qui m’a donné beaucoup de bons moments de lecture … Sans doute a-t-il fléchi un peu cette fois.
Je lirai ce roman et à mon sens, mon ressenti rejoindra le tien Noann.

J’ai souvent ressenti une impression de légèreté avec les romans de Dannemark, qu’une écriture « poétique » rendait agréable. Mais ici, construit sur un dialogue, la plume légère devient banale, car un dialogue, unique qui plus est, apporte des contraintes et limitations. Exit donc de la plume légère, les dialogues sont ceux que l’on pourrait entendre dans n’importe quel compartiment de train, entre deux gens qui font connaissance.
Et pour avoir souvent pris les transports en commun autrefois, je dois avouer que j’ai souvent entendu des échanges plus savoureux que ceux-ci.

A contrario je suis en train de lire le roman de Frederique Deghelt, qui sait communiquer de l’émotion et donner de l’ampleur et du relief à ses personnages, et ce sur 400 pages sans jamais ennuyer.
En comparaison Dannemark se cantonne à 60 pages expédiées, où les sentiments ont du mal à passer.

Moi, j’ai adoré. J’ai trouvé ce roman simple, il est vrai, mais d’une justesse très émouvante. L’auteur abandonne en effet son style poétique auquel il nous a habitués, mais le message l’est. Un message d’espoir qui ne laisse pas indifférent. Nous pouvons tout quitter. À l’heure où la crise nous terrasse, nous pouvons encore et toujours décider de notre destin. Francis Dannemark a eu raison de nous le rappeler. Pour moi, un petit roman puissant à lire au lit avant de se coucher pour faire de beaux rêves.

Oui je comprends qu’on puisse aimer cette simplicité et économie d’effets, ce naturel.

Mais je l’ai trouvé plus faible que d’autres Dannemark, et j’ai été déçu que cette rencontre ne fasse rien résonner en moi, moi qui en ai fait des centaines, avec leurs lots de frustrations, d’espoirs, de désirs, de reculades, de folies. Le sentiments forts, qui naissent parfois d’un simple mot, d’un simple regard, n’apparaissent pas dans ce court roman. En revanche, cette brièveté permet aussi au lecteur de composer la suite à sa manière, et donc l’espoir prévaut.

On lit avec notre état d’esprit du moment. Tu avais sans doute besoin d’un autre type d’écriture le jour où tu as lu ce roman. Moi, elle m’a emportée au point de m’imaginer au bord d’une falaise à Cabo da Roca, avec Chistopher bien sûr. Le cliché! Mais qu’est-ce que c’est bon…

Euh… non, je l’ai lu entre une et deux heures (du matin), mais je l’ai relu le lendemain, au cas où j’aurais raté une marche.
C’est un avis technique que j’ai donné, pas émotif.
Avec l’habitude on parvient à prendre de la distance par rapport à soi-même et à donner un avis plus détaché.
Pour preuve, nous commençons à être remarqués par des éditeurs et agences de presse.
Cela dit dans certaines notes il reste une part d’émotivité. Ici non, j’ai fait attention. Maintenant cette histoire peut toujours faire résonner un souvenir. En ce qui me concerne, beaucoup de voyages et beaucoup de rencontres, et précisément, ce livre ne m’a pas touché

Ce roman a en tout cas le mérite de donner des échanges intéressants entre les lecteurs ici … Bon, il faudra que je me le procure … En tant que fidèle lectrice de Dannemark – et l’appréciant pour la majeure partie de ses romans – je viendrai donner ici mon ressenti.

Je l’ai lu devant un bon thé, et même si ça n’a rien de renversant, ce livre m’a fait quelques moments agréablement. J’ai trouvé ça frais et naturel, l’argument du voyage en train m’a plu. Dès le début j’ai eu envie d’être à la place des personnages et de faire une rencontre comme celle-ci. Bon ensuite, c’est vrai que le livre a le mérite d’être court et c’est tant mieux car sur 800 pages ce serait indigeste.

Bonsoir Bioman,
Ce n’est pas le meilleur roman de F. Dannemark, auteur que je suis et apprécie particulièrement. Lisez donc « Choses qu’on dit la nuit entre deux villes » ou « La longue promenade avec un cheval mort » ou encore « Bel amour, chambre 204 » pour n’en citer que quelques-uns qui représente vraiment son univers.

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