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Les heures souterraines – Delphine de Vigan

Dans un Paris tonitruant, embouteillé et suffocant, Thibaut, médecin urgentiste en mal d’amour et Mathilde, cadre dans une entreprise, victime de harcèlement moral, elle aussi l’âme en plein chaos, prennent le métro à la même heure chaque jour, sans se connaître.

Dans cette vie trépidante, on les suit à la trace et nous voici complices de ces deux cœurs solitaires …

Et l’on rêve même qu’ils se croisent dans cette ville tumultueuse, mais …

Des mots justes, un style strict, une sorte de promenade aux allures cinématographiques donnent à ce roman beaucoup de fantaisie, de mouvement et on reste suspendu à ce scénario qui noue la gorge et bouscule.

couverture les heures souterraines

Dans un Paris tonitruant, embouteillé et suffocant, Thibaut, médecin urgentiste en mal d’amour et Mathilde, cadre dans une entreprise, victime de harcèlement moral, elle aussi l’âme en plein chaos, prennent le métro à la même heure chaque jour, sans se connaître.

Dans cette vie trépidante, on les suit à la trace et nous voici complices de ces deux cœurs solitaires …

Et l’on rêve même qu’ils se croisent dans cette ville tumultueuse, mais …couverture les heures souterraines

Des mots justes, un style strict, une sorte de promenade aux allures cinématographiques donnent à ce roman beaucoup de fantaisie, de mouvement et on reste suspendu à ce scénario qui noue la gorge et bouscule.

Un pamphlet social aussi, qui défend les opprimés, les laissés pour compte, victimes de violences larvées et qui évoque cette société sans foi ni loi et le monde du travail dans ce qu’il a d’ingrat et d’hostile.

A travers une écriture éblouissante, le ton est donné. Les clichés sont subtilement évités, l’auteur usant de son art de dire les failles, les causes perdues, les dérives sans  jamais prendre le lecteur pour réceptacle. Elle se borne à donner, avec pudeur et simplicité, à la gravité de son message toute la dimension humaine qu’il appelle, sans outrances ni débordements inutilement racoleurs.

Avec beaucoup de finesse, un ton juste, elle évoque cette société de pantins déshumanisés, mais toujours sans pathos, non pour les occulter mais pour bousculer la conscience du lecteur sans le brusquer. Elle dit les luttes invisibles, les corruptions, les échecs, les combats perdus avec beaucoup de réserve et de délicatesse.

Et on se laisse doucement porter par ce récit, sans jamais s’apitoyer mais en s’imprégnant de la richesse de son message, lourd de sens …

« Emporté par le flot dense et désordonné, il a pensé que la ville toujours imposerait sa cadence, son empressement, et ses heures d’affluence, qu’elle continuerait d’ignorer ces millions de trajectoires solitaires, à l’intersection desquelles il n’y a plus rien, rien d’autre que le vide ou bien une étincelle, aussitôt dissipée. »

« Elle a traversé tout Paris en métro, s’est assise derrière les rideaux épais, au rez-de-chaussée d’un immeuble du seizième arrondissement, elle lui a donné cent cinquante euros pour qu’elle lise dans sa main, et dans les nombres qui l’entourent elle y est allée parce qu’il n’y avait rien d’autre, pas un filet de lumière vers lequel tendre, pas un verbe à conjuguer, pas de perspective d’un après. »

Les heures souterraines de Delphine de Vigan, Éditions Lattès, actuellement en livre de poche

16 réponses sur « Les heures souterraines – Delphine de Vigan »

j’ai lu ça il y a un certain temps, pile à sa sortie, cela doit faire un an et demi. comme toi, j’avais assez bien aimé. histoire originale, critique d’une ville qui déshumanise ses habitants et d’une société dont les membres s’ignorent et/ou se font du mal, écriture sympa même s’il n’y a pas un immense travail derrière, mais je n’ai pas été plus convaincue que ça : il manquait peut-être une énergie derrière, ou alors une originalité plus poussée (j’avais trouvé que la manière dont elle fait évoluer son intrigue dans un sens que les lecteurs ne veulent pas ressemblait trop à une manière de « faire original » sans réussir à l’être au final puisque le résultat était artificiel). bref, pas mal, mais ça ne ressemblait pas assez à de la littérature à mes yeux.
(commentaire totalement subjectif, comme tu peux le constater 😉 )

à Constance :
Si mes souvenirs sont bons, vous avez 18 ans. Vous avez lu ce livre il y a un an et demi … Vous aviez donc 16 ans et demi à l’époque …
Vous alléguez que « cela ne ressemblait pas assez à de la littérature » …
Comment pouvez-vous, à votre âge, vous permettre de juger ce qu’est ou non de la littérature ?
Ite missa est …
Céleste.

à Moustafette :
Moi aussi j’aborrhe la ville … Mais pour y travailler, j’ai retrouvé dans ce roman l’ambiance du quotidien dans les trajets embouteillés, le monde ingrat du travail, la pression, le stress, tout cela traduit par des mots justes et vrais.
En revanche, j’aime bien les histoires d’amour si elles ne tombent pas dans la mièvrerie …
à My Little Discoveries :
« No et moi » m’avait plu aussi. Lance-toi pour ce roman-ci, je crois qu’il vaut la peine de s’y arrêter

Bonne journée à toutes les deux.

Ce livre m’ a fait vibrer … il m’a collé à la peau. Et quand on a vécu d’un certaine façon la situation de cette femme ( ce qui est mon cas), ce livre sonne encore plus fort !

à Constance : Delphine de Vigan est une auteure que j’admire ! Et, je trouve ta conclusion un peu « hautaine ».

Merci Clara pour ce message qui rejoint mon ressenti. J’abonde également dans votre sens en ce qui concerne le commentaire de Constance …
Comme vous, j’aime beaucoup cet auteur et ce dernier récit m’a émue, puisque je me suis moi aussi retrouvée jadis une situation similaire à cette femme …
Bonne journée Clara

Pourquoi tout texte devrait-il être très « littéraire » ? Encore faudrait-il s’accorder sur le sens de ce mot.
Une histoire de vie ordinaire devrait être racontée avec des mots ordinaires.

Tu as raison Noann.
Et dans ce cas-ci, l’auteur donne à son récit beaucoup d’émotion et vérité. C’est ce qui m’a touchée.

à mon âge, on ne sait surtout pas trouver les mots pour exprimer clairement nos idées je crois :S je me suis en effet bien mal exprimée : ce que je voulais dire, c’était plus que son style m’était apparu comme assez journalistique. elle s’attaque à un sujet et développe une intrigue autour qui fait réagir le lecteur face à lui, elle produit une émotion et on est accroché au destin des personnages. et c’est vrai que ce n’est pas pour autant que ce n’est pas de la littérature. c’est peut-être ça la littérature justement. et c’est, plus sûrement, ma perception est mauvaise. au final c’est sûrement de la littérature puisque c’est une auteure publiée et appréciée, et je ne suis en effet dans tous les cas pas apte à le savoir par moi-même.
j’ai bien mal exprimé mes sentiments de lectrice, désolée. si je dois revoir mon commentaire en entier (parce que je le relis et je me dis que j’y suis allée bien fort pour un livre que j’ai apprécié par certains côtés bien plus nombreux que ceux qui ont fait que je n’ai pas été totalement convaincue, et pour mon âge), j’enlève « écriture sympa même s’il n’y a pas un immense travail derrière » pour plutôt évoquer le style journalistique qui sait malgré tout faire naître une émotion dont je parlais tout à l’heure mais par contre je garde « j’avais trouvé que la manière dont elle fait évoluer son intrigue dans un sens que les lecteurs ne veulent pas ressemblait trop à une manière de « faire original » », c’est vraiment quelque chose sur lequel j’ai bloqué. mais c’est un sentiment de lectrice, et chacun en pense ce qu’il veut et la plupart pense que c’est un coup de maître de ne pas avoir offert au lecteur ce qu’il voulait. je trouve aussi que c’était une bonne idée, seulement j’ai eu l’impression qu’elle le faisait artificiellement pour aller contre les attentes du lecteur, simplement. (je suis désolée, je développe encore sur le côté négatif, mais j’essaye de mieux expliquer mes idées).
et pour conclure, j’étais il y a un an et demi une encore plus mauvaise lectrice que maintenant, alors mon jugement expéditif est sûrement rempli de bêtise. je ne devrais pas parler des livres que j’ai lu à ce moment-là, ils correspondent à un tâtonnement dans un nouveau domaine. je l’oublies parfois. encore toutes mes excuses. je retire bien sûr la conclusion du premier commentaire.

Clémence, pardon, Constance, il n’y a pas à désavouer une parole. Ce qui est dit est dit.
Chaque lecteur a son ressenti, en fonction de son expérience, sa sensibilité, ses études.. et son âge probablement. En ce sens, chaque opinion est valable, par son côté subjectif, indiscutable
Cependant, il faut aussi admettre ces faits en sens inverse, et tolérer qu’un autre lecteur puisse avoir une opinion différente…
Donc, si Céleste a aimé, et elle explique pourquoi, il faut aussi lui laisser sa liberté d’aimer et de le dire.
Voilà tout.

si je « désavoue » une parole (le mot est un peu fort, non ? :s ), c’est parce que mes mots ont dépassé ma pensée. au fond, ce que je fais avec ce 2e commentaire, c’est juste mieux exprimer mon point de vue, non seulement d’une manière plus « diplomatique », mais également d’une manière plus claire et plus juste. j’ai le droit ? (de toutes façons, même si je ne l’ai pas, je le fais ^^ )

et c’est bien aussi parce que je pense la même chose que toi sur les différents ressentis face à une lecture et le respect qui est dû à chaque opinion que je suis revenue sur mes propos.

Pour moi, c’est son meilleur roman. Je l’ai lu alors que je venais de tourner le dos à la vie dans la capitale et à mon métier de Responsable RH et cela a sûrement influencé ma lecture.
En tout cas, j’ai trouvé que c’était un roman très juste et très troublant.

à Isa :
C’était un beau moment de lecture pour moi itou.
Je ne vais pas tarder à m’envoler vers la nature, loin du tumulte de la vie professionnelle en ville et ce récit m’a confortée dans l’idée que … la vie est meilleure au vert !
Bonne journée Isa (Isabelle, je suppose … C’est le prénom de ma meilleure amie, qui m’a offert ce livre)

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