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Sukkwan Island – David Vann

Un roman épique à deux personnages. Jim, un dentiste quadragénaire un peu paumé, décide de passer une année complète en compagnie de son fils encore adolescent, Roy, dans une île perdue au sud de l’Alaska. Cette île est déserte, accessible uniquement par hydravion. Le premier voisin habite à trente kilomètres. Voilà une histoire qui menace d’être terriblement ennuyeuse, dans une petite bicoque plantée en des lieux stériles. Et pourtant…

couverture de sukkwand island

Un roman épique à deux personnages. Jim, un dentiste quadragénaire un peu paumé, décide de passer une année complète en compagnie de son fils encore adolescent, Roy, dans une île perdue au sud de l’Alaska. Cette île est déserte, accessible uniquement par hydravion. Le premier voisin habite à trente kilomètres. Voilà une histoire qui menace d’être terriblement ennuyeuse, dans une petite bicoque plantée en des lieux stériles. Et pourtant…

Jim est un drôle de type. Il ressasse de vieilles histoires d’amour, et ses relations avec des prostituées. Il rabâche son mariage raté avec la mère de Roy. Chaque nuit, il pleure à chaudes larmes. couverture de sukkwand islandSon fils se réveille, embarrassé, il ne sait comment se comporter avec ce père dépressif et sans consistance. Les problèmes arrivent vite, sur ce bout du bout du monde. Jim n’a presque rien prévu. La nourriture qu’il a emmenée est dévastée par un ours. Il fait une chute et échappe de peu à la mort. Le gamin panique. Heureusement, son père se rétablira. Mais c’est un père décidément peu débrouillard, qui prend les mauvaises décisions. Évidemment, un drame arrive, et quoi de plus fort qu’un décès ? Deux décès. La mort vient à point nommé, comme dans nombre de romans. L’auteur enchaine les événements et les incidents se suivent…

David Vann est né en Alaska, et c’est donc en parfait connaisseur qu’il nous parle de ce territoire inhospitalier. Son roman est donc particulièrement convaincant et très réaliste. Le lecteur suit médusé les aventures de ce tandem père-fils qui est obligé de se supporter, dans un huis clos oppressant. Les péripéties ne manquent pas, elles se suivent d’un bout à l’autre, dans une ambiance où le tragique succède au tragique. Il manque cependant quelque chose pour emporter mon plein enthousiasme. Peut-être eût-il fallu une intrigue plus élaborée, ou une écriture plus poétique. Il reste une suite d’anecdotes tout de même fort captivantes, où l’on ne s’ennuie pas.

Sukkwan Island de David Vann.Editions Gallmeister

22 réponses sur « Sukkwan Island – David Vann »

Dis donc Krol, tu pianotes plus vite que ton ombre, je viens de le publier il y a deux minutes !

Pas vraiment de fascination ni d’écœurement pour moi, juste une lecture agréable, palpitante. J’ai du trop lire ces derniers temps, et je dois avoir l’émotif fatigué…

Enthousiaste, tu devrais l’être avec son second roman « Caribou Island » où tu trouveras à la fois « une intrigue plus élaborée » et « une écriture plus poétique ». Si, si, je t’assure 🙂

T’as l’air de mauvais Leiloona
Je n’ai pas dit non plus que j’avais adoré, juste un bon moment de lecture distrayante.
En effet ce n’est pas l’hémo qui manque !

Hello Stephie
Merci pour cet avis !
Pour moi une lecture captivante, mais qui souffre un peu à mon goût de quelques facilités dans le scénario
Excellent la rencontre avec l’auteur, un moment souvent fort agréable (quand l’auteur est sympa du moins)

Un type paumé et pas doué, une île déserte, des catastrophes… Il va falloir que je lise ça !
Si tu parles déjà des deux décès, j’en déduis qu’il n’y a pas de suspense là-dessus ou du moins que ce n’est pas si important ?

Il y a du suspense mais les événements ne tournent pas comme on s’y attendrait logiquement (je n’en dis pas plus). Ce n’est pas un polar, l’intrigue n’est pas vraiment bien menée, dans le genre polar. En résumé, c’est plutôt une suite d’incidents qui s’enchainent

Merci pour ces quelques interventions Ameni, je découvre un blog bien ficelé par la même occasion !

J’avais beaucoup apprécié aussi ce roman,surtout le début. Il y a vraiment une ambiance pesante, malsaine et assez terrifiante jusqu’au moment où évidemment tout bascule. La fin m’avait parue un peu moins bonne. Mais quel début extraordinaire ! Et le personnage du père est vraiment fascinant.

Oui la fin est un peu en queue de poisson, d’ailleurs l’histoire se termine dans l’eau…
Merci Sara!

De blog en blog j’arrive ici… Tiens c’est un livre que j’avais envie de lire (enfin dans ma liste prévue). Je crois bien qu’après cette critique je vais le lire plus rapidement que prévu !
Au plaisir

Bonjour Masatgiera et merci

Ce livre est un bon moment de lecture que je recommande.

Je vais aussi visiter votre blog. On y parle de e-book, ça tombe bien, c’est un sujet qui m’intéresse !

Je n’ai pas passé un bon moment en le lisant, du suspense si on veut….de l’angoisse, mais je ne suis pas captivée du tout, pourtant Prix Médicis Etranger 2010.

Pour une fois que je suis plus enthousiaste que toi Noann sur un roman récent / américain ! J’ai vraiment trouvé que l’ambiance qui exhale (le terme est vraiment approprié) de Sukkwan island est vraiment impressionnante. Même si je regrette moi aussi la fin que j’ai trouvé trop convenue eut égard au reste du bouquin réellement audacieux.

Bonsoir Nico !

Je l’ai vite oublié moi aussi, bien que j’aie passé un agréable moment de lecture, sans plus, d’où les deux verres seulement… Je cherche l’icône de verre sur mon blog… 😳 ah non, 😈 … 🙄 ah !
👿

Si je peux me permettre, celui est une déception en comparaison du bruit fait autour de son succès. Le cadre est magnifique en apparence, tout pour planter une belle histoire sur fond de nature et de grands espaces, mais il y a le scénario de l’histoire: trop de violence et par assez de psychologie. On reste sur sa fin à force d’attendre des rebondissements qui ne viennent pas… Le nature-writing du vécu est souvent mieux et d’une plus grande puissance littéraire au catalogue de cet éditeur. C’est qu’il faut en lire des livres pour y trouver des perles, n’est-ce pas? Que de travail nous avons sur la planche!

« trop de violence et par assez de psychologie »
C’est un bon résumé…

Oui il faut en lire des livres pour trouver des perles, mais en principe c’est le travail des éditeurs, et on nous rabâche qu’il y a trop de gens qui écrivent. Les éditeurs devraient avoir l’embarras du choix, or…

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