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Le goût des pépins de pomme – Katharina Hagena

Iris est bibliothécaire à Fribourg. Elle perd sa grand-mère Bertha et hérite d’une grande maison dans la campagne allemande. En visitant cette maison, peu à peu toute la mémoire familiale qui émane de chaque pièce la ramène à sa propre histoire, ainsi qu’à celle de sa famille.

couv le goût des pépins

Iris est bibliothécaire à Fribourg. Elle perd sa grand-mère Bertha et hérite d’une grande maison dans la campagne allemande. En visitant cette maison, peu à peu toute la mémoire familiale qui émane de chaque pièce la ramène à sa propre histoire, ainsi qu’à celle de sa famille.

Avec les premiers balbutiements de l’automne, l’auteur nous invite à suivre Iris, accompagnée pour l’occasion de sa mère et sa tante, à accomplir avec elle l’état des lieux de cette maison chargée de souvenirs heureux ou mélancoliques, l’inventaire des histoires familiales, des passions amoureuses, des larmes versées aussi, de trois générations de femmes attachées à cette maison.

Pas à pas, nous nous immisçons dans le passé et l’intimité de ces femmes tantôt meurtries, tantôt heureuses, croisant çà et là des bouts de vie, une mort tragique, celle de Rosemarie, la cousine d’Iris, les amours heureuses de Bertha, les allées et venues de l’un ou l’autre, et dans cette bâtisse qui exhale un doux parfum de confiseries, nous nous promenons, retrouvant aussi un peu de notre vie révolue …couv le goût des pépins

Certes, le lecteur se trouve une fois encore devant la sempiternelle thématique de la valse des souvenirs familiaux mais l’auteur conduit habilement cette quête du passé en rendant si intenses ses personnages et en reproduisant même l’univers autour d’eux, les senteurs, les effluves émanant des vieilles pierres, de l’herbe mouillée. C’est ce qui donne toute la force à ce roman, que j’ai classé dans la catégorie des grands vins …

Et qui plus est, l’auteur évite soigneusement de tomber dans la nostalgie à deux balles, la mièvrerie.

Voici donc un roman d’une grande douceur sur la mémoire fissurée et les joies oubliées qui nous entoure d’un parfum de pommes un peu flétries, de fruits secs.

Une écriture réservée, candide, qui invite le lecteur, tel un adolescent qui découvre les premières étreintes passionnées, à s’imprégner du parfum acidulé de chaque page et à se laisser porter doucement vers la fin du récit …

Beau. Émouvant. Sensuel.

Le goût des pépins de pomme de Katharina Hagena, Éditions Anne Carrière/Le Livre de Poche

25 réponses sur « Le goût des pépins de pomme – Katharina Hagena »

Hello George (que j’ai cru longtemps être une femme – à cause du patronyme ‘Sand’)

J’ai mis un lien dans ma sidebar.

A bientôt!

C’est moi qui suis honoré de recevoir George Sand chez moi.

Mais d’où avais-je compris que vous étiez un homme ? Suis-je bête.

à George sans s :
Assurément, vous apprécierez ce roman « parfumé » aux senteurs fruitées qu’exhale chaque page. Moi aussi j’ai craqué pour ce livre. Je ne connaissais pas l’auteur mais la couverture m’inspirait …

Bonjour Stephie,
Dommage … peut-être n’avez-vous pas été sensible à l’univers de l’auteur. Mais c’est ce qui fait la richesse d’un site littéraire, la différence des ressentis et des avis …
Bonne journée

et bien j’ai beaucoup de mal avec ce livre également… il est tantôt attachant, plein de douceur, et de belles images, d’odeurs délicates des souvenirs de jeunesse de l’auteur, liés à cette maison et ses occupants, mais il manque d’une envolée nécessaire pour me faire adhérer complètement à l’histoire : je finis par m’ennuyer maintenant. Question de rythme peut être ?

D’un autre côté, si on n’est pas sensible aux ambiances et au style…

Moi je fais confiance à Céleste pour ses choix.

à Noann :

Merci de ton soutien …

à Pasqualine :
Oui il faut être sensible à l’univers de l’auteur, imprégné de tendresse et de quiétude, ça fait du bien dans ce monde de tumulte. Ce récit m’a touchée, peu importe la lenteur du « rythme ». L’auteur rend une atmosphère, des senteurs, des frôlements avec des mots justes, vrais.

Pas la première fois que j’entends parler de ce livre… Je le mets dans ma liste de livres à lire ! (J’ajoute plus vite que je ne lis, ça va devenir problématique un jour….) Merci pour ce beau billet ! 🙂

Et voilà, je l’ai lu et… apprécié. En recherchant ton article, Céleste, sur ce livre je suis tombée sur un autre : Le mec de la tombe d’à côté, et j’ai que nous partagions le même point de vue sur ce livre, ça m’a fait plaisir !

Un peu mitigée.. des images et des pages magnifiques, mais il me semble que le texte est desservi par un manque de rythme… trop lent… le livre n’est pas assez fluide… un livre sur l’oubli, sur le caché, sur le souvenir.. je n’ai pas trouvé les personnages attachants… Par contre la maison, le jardin, les objets, les robes ont leur histoire et sont les « personnages » qui m’ont séduite! Beaucoup de phrases que j’ai notées car elle m’ont profondément émues. Si vous avez connu des personnes atteintes d’Alzheimer, vous ne pouvez qu’être touchés par les images de l’effritement des rives des fleuves… l’érosion.. Un petit livre que je retiens pour sa singularité et sa sensibilité.
Et mon aussi j’ai eu un coup de coeur pour « le mec de la tombe d’à coté »..

Bonjour Selkis,
Votre avis est détaillé et sincère. Merci d’être venue nous donner votre ressenti au sujet de ce roman. Bonne journée.

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