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Rouler – Christian Oster

« Christian Oster signe l’un de ses romans les plus forts »

Telle est la déclaration que fait l’éditeur sur la quatrième page de couverture. Ouais. Dire que ce livre est fort me semble un peu fort. « Rouler » est un livre auquel on peut prêter de nombreux qualificatifs. On peut le trouver incongru, étrange, amusant, divertissant, ou tout simplement chiant, disons ennuyeux. Mais peu de lecteurs éprouveront un sentiment de force. Au contraire…

Au contraire car c’est l’histoire, racontée par le narrateur même, d’un type passablement dégouté de tout. Jean, un quadra plutôt dépressif, plaque tout un beau jour et prend sa voiture, direction : le midi. Il part à la recherche d’on ne sait quoi, il n’en sait rien lui-même…

rouler

L’histoire d’un type qui connait une période de point mort, racontée par lui-même. Jean, un quadra plutôt dépressif,  plaque tout un beau jour et prend sa voiture, direction : le midi. Il part à la recherche d’on ne sait quoi, il n’en sait rien lui-même…

Il quitte sa petite vie rangée. La suite est assez rocambolesque. Il rencontre un certain nombre de personnes assez louches sur les bords, certaines au milieu ; un couple d’auto-stoppeur qui se baigne nu devant lui. Notre pauvre Jean n’a même plus une once de libido et hésite pendant 30 pages. Je me baigne, je me baigne pas ? Ensuite il rencontre un couple d’agriculteurs. Je reste, je reste pas ? Encore 30 pages. roulerPuis un copain qu’il n’a plus vu depuis 40 ans, Fred Malebranche. Celui-ci possède une sorte de château où il héberge des hôtes. Il invite Jean. J’y vais, j’y vais pas ? Et ouf, cette fois, il y va, après moult revirements. Là on se dit qu’il va se passer quelque chose. Tout y est : des gens encore plus zarbis que les autres. Un couple étrange. Un vieil homme qui passe ses vacances dans cet endroit qu’il n’aime pourtant pas… La suite est encore plus loufoque… Ces gens se côtoient, et l’on suit, à travers la plume de ce narrateur hésitant, voire incohérent, des échanges facétieux ou insolites.

Cependant, si l’histoire semble passer au second ou troisième plan, le récit réserve quelques moments intéressants. Dans la détresse de Jean pointe parfois un ou l’autre trait amusant, mais pas carrément désopilant. Une sorte d’esprit décalé, dans un jeu de miroirs subtil, si subtil que le lecteur alpha, comme moi, risque de passer à coté de l’essentiel. Le texte s’attache beaucoup à des détails, alors qu’on aurait aimé une psychologie plus approfondie et aboutie des personnages qui, cachés dans leurs existences mièvres, finissent par lasser. Certes si le but est de nous donner à voir les tourments d’un maniaco-dépressif incurable, c’est parfaitement réussi et maitrisé… Mais on ne manquera pas de se poser la question capitale : qu’est-ce que l’auteur a voulu montrer ?

Rouler de Christian Oster. Éditions de l’Olivier.

30 réponses sur « Rouler – Christian Oster »

Et puis si on devait relire tous les livres qu’on n’a pas aimés, et bien on n’aurait pas le temps de découvrir des livres qu’on serait susceptible d’aimer… La vie est trop courte pour s’embêter.

Enfin, ça vaut la peine de le lire quand même, fût-ce pour le coté insolite, mais je n’en garderai rien qu’un bon moment de lecture.

Oui, un « rouler » bien ennuyant.

Avez-vous des coups de coeur dans la rentrée littéraire ? Je peine à faire mon choix.
Jusqu’à présent hormis le Ovaldé et le Lachaud, rien de bien croustillant.

Bonjour Fugu G

Rien de bien palpitant dans cette rentrée, dans ce que j’ai lu jusqu’ici (et dont je ne parlerai même pas – d’où le peu de chroniques).

Je retiendrai quand même le Foenkinos, dont je vais parler d’ici ce soir ou demain. Mais c’est une question perso, le Foenki, on adore ou on déteste. Il faut être sensible à ce style tout en affection.

Bonjour FuguG
J’ai commencé le Ovaldé hier soir. J’aime beaucoup jusqu’à présent. Je viendrai en parler lorsque je l’aurai terminé.

tu es dur avec ce roman, même si effectivement ce n’est pas un grand cru de cette année des éditions de L’Olivier. il faut peut-être mieux lui préférer le Véronique Ovaldé ou (en étranger) le Jonathan Franzen…

Pardon.
Je présente mes plus sincères excuses à l’auteur, l’éditeur, et la personne qui m’a offert ce fort beau livre.

Ça doit emmerder pas mal les auteurs, ce qu’on dit d’eux sur des blogs.
Enfin moi en tant qu’auteur je n’ai pas ce problème, personne ne parle de mes bouquins, d’ailleurs personne ne les lit. Mais si c’était le cas, je crois que j’éviterais de parcourir les blogs. Trop peur de tomber sur un loustic comme moi qui me démolirait mon travail. 😉

je ne savais même pas que tu écrivais et que tu étais publié ^^
ça peut se comprendre, oui, de ne pas lire les blogs, même si les retours d’auteur sur un de mes billets, ça me fait toujours plaisir (mais je n’en ai jamais eu qui, blessés dans leur estime, se montraient insultant : ça aide je pense)

Euh publié, oui, si l’on peut appeler ainsi le fait d’avoir des livres « disponibles », mais chez des éditeurs qui n’en font rien de bon, aucune promo et distribution confidentielle sur un site.
C’est une des choses bizarres de ce monde, le temps passé par des gens pour des activités futiles, sans conviction, sans enthousiasme. Le mien d’enthousiasme s’est volatilisé au regard de la vacuité de ce milieu.
Merci pour ton avis

tu as essayé de changer d’éditeur, ou bien de publier à compte d’auteur ? je veux dire, si un éditeur t’as publié, certes très mal, tu as peut-être une chance d’en intéresser un autre avec un autre texte ?
tu es très critique envers le milieu éditorial. je sais que c’est rempli de pourris, mais il doit bien y avoir de bons éditeurs cachés dans les coins, non ?

Merci pour ton intérêt
En fait c’est une longue histoire.
Pour résumer, je suis une voie littéraire, et je n’espère plus publier avant d’être suffisamment avancé.

Pas de problème Constance… J’ai été voir ton billet sur « pourquoi je devrais arrêter… » Amusant !

à Constance :
Dommage ! Tu passes à côté d’un trésor d’émotions et de sensibilité, le tout à travers une plume magnifique …

Coucou Céleste
Ce n’est rien, Constance me découvrira dans les rayons.. Dans 10, 20 ou 30 ans
Moi j’en ai terminé avec ce « Délivrances ». Comme un cinéaste dont j’oublie le nom, quand on lui demandait à quoi il pensait en faisant un film, il répondait : au suivant !

à Céleste : ce n’est pas tout à fait par choix : j’ai mes études à assurer, du coup mes lectures « plaisirs » passent à côté en ce moment, c’est comme ça. je ne doute pas du talent de Noann, c’est juste que je n’ai pas la possibilité de le vérifier maintenant.

Hello Yv
Oui en effet, je termine de lire ton intervention sur un blog ami, « Le blog de Jostein »
Je reste globalement mitigé même si certains passages m’ont plu…
A+

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