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Du domaine des murmures – Carole Martinez

Esclarmonde a 13 ans. En l’an de grâce 1187, au jour des noces et du mariage que lui impose son père avec un fiancé désigné, elle se coupe d’abord une oreille, puis exige d’être emmurée pour se rapprocher de Dieu et prier jusqu’à sa mort. Pour respecter sa volonté, son père fait alors ériger une chapelle où celle-ci vivra recluse … Mais la mort ne veut pas d’elle et au cœur de cette prison mystique, la vie coule inlassablement …

Du domaine des murmures

Esclarmonde a 13 ans. En l’an de grâce 1187, au jour des noces et du mariage que lui impose son père avec un fiancé désigné, elle se coupe d’abord une oreille, puis exige d’être emmurée pour se rapprocher de Dieu et prier jusqu’à sa mort. Pour respecter sa volonté, son père fait alors ériger une chapelle où celle-ci vivra recluse… Mais la mort ne veut pas d’elle et au cœur de cette prison mystique, la vie coule inlassablement …

Voici donc une caricature de la femme au Moyen-Âge, tantôt dominée, tantôt idéalisée. L’auteur nous livre un conte médiéval et redonne vie à cette page  mystique de l’histoire et à ces femmes longtemps oubliées, noircies, le tout sur fond de sensualité exacerbée …

Du domaine des murmuresCarole Martinez signe ici un premier volet consacré à la place de la femme dans l’Histoire. Et elle se penche sur cette femme à la fois dominée et vénérée à l’extrême. Elle décrit un univers fébrile sous le joug des coutumes, des croyances, un monde où tout est faute ou à l’opposé, béatitude …

Un récit médiéval déposé comme le scénario d’un film d’aventures. Le style au parfum de croisades et de ménestrels fait parfois sourire mais, on se laisse porter par cette fresque vivante, qui a plutôt la forme d’une balade en plein Moyen-Âge où l’héroïne fait le choix radical de l’enfermement … peut-être tout simplement pour propager un message spirituel, murmuré dans les tréfonds de son âme jusqu’à toucher les pèlerins qui ne tarderont pas à affluer de tous azimuts pour l’entendre …

Et l’auteur de nous susurrer cette folie, cette solitude, passerelle vers la mort, mais vers la sainteté aussi …

Un beau voyage envoûtant dans l’Histoire, où la poésie sonne en écho …

Du domaine des murmures de Carole Martinez, Éditions Gallimard

17 réponses sur « Du domaine des murmures – Carole Martinez »

Pas de problème Madame 😉
Il suffit de cliquer sur ‘acheter’ ou attendre de le croiser en librairie ou se le faire offrir, ou…

Irrésistible cette manière de mener les mots qui en s’entrechoquant musiquent comme du cristal….. Un cristal comme celui de Sturgeon dans son « Cristal qui songe ». Une écriture qui m’évoque des éclats de pigments… donc des peintures à venir.

Ce roman m’attend sagement. Je n’ai plus du tout le temps de lire en ce moment et j’attends le moment propice pour me jeter sur celui-là. J’avais tellement aimé Le coeur cousu et l’écriture de Carole Martinez que je ne voulais absolument pas passer à côté de son second roman. Et le thème m’intéresse bien.

re-message à titre purement intéressé : j’ai totalement foutraqué l’adresse de mon blog, donc je réitère l’essai, et m’en excuse humblement. Ceci dit, ce roman est une pure merveille… « Un diamant de l’herbe » comme dirait Forneret.

Hello Krol

En ce qui me concerne, je ne connais pas encore mais il me tarde de découvrir, surtout après lecture de ce billet et de vos avis…

Jordi, j’ai corrigé l’adresse, merci, je serais curieux de voir une toile relative à ce livre. L’article sur la toile « Dante et Virgile » paraitra bientôt, merci !

je dois avouer que j’ai de loin préféré le 1er (« le cœur cousu « ).. qui laisse la part belle à l’aventure, à la créativité, au rêve, à l’évasion; Davantage sous le charme du premier.. mais je ne suis pas pour autant déçue par le second! Une fois encore les personnages centraux sont des femmes, aux pouvoirs surnaturels. Dans « le cœur cousu » le pouvoir du « don ».. Dans les « murmures » la communion par le sang et l’amour..
La beauté de l’écriture, la poésie sont au rendez-vous. mais la noirceur de ce Moyen-âge est bien opaque, pesante, présente, malgré la lumière du prénom d’Esclarmonde … la lueur de son prénom est bien faible pour éclairer le monde et elle même… Son enfermement semble bien à contre-courant de ce qu’elle souhaitait… L’amour humain sort magnifié de ce roman.. Esclarmonde souhaitait être épouse de Dieu, fuir les hommes et l’amour charnel; elle choisit de vivre en recluse; mais si elle est enfermée, les éléments en décideront autrement .. Esclarmonde éclaire le monde et éloigne le mal et la mort tant qu’elle baigne dans la clarté de l’amour.. elle communie avec les êtres tant qu’elle a un lien physique avec la réalité.. Au moment ou la communication avec le monde se rétrécit et s’assombrit, la mort et la noirceur la rejoignent. La tristesse est la compagne de la mort… pour éloigner ce spectre, il faut aimer.
Le seigneur des Murmures découvrira la tendresse et de dominateur il deviendra un homme qui part en lambeaux … le prix à payer pour ses péchés… et Esclarmonde sera enfermée dans sa croisade et son esprit plus encore que dans le tombeau creusé contre la chapelle.
Pour être heureux, il faut la liberté, l’amour, le soleil, la nature.. La puissance de la religion est aussi montrée du doigt. Effrayante, cruelle … Au moment ou la « sainte » parle, elle peut tout exiger… et punir ….. Les personnages qui l’entourent sont également exceptionnels… et au fur et à mesure on remarque que leurs caractères se modifient du tout au tout ..Les violents s’apaisent, les caractères se modifient, les doux deviennent durs, les simples ou inoffensifs deviennent le fer de lance de la révolte, les effrayants personnifient l’amour et la bonté…
Il y a « Douce », la femme du Seigneur des Murmures, la géante « Berengère  » ( Vient du germain « beren et gari » – Signifie: « ours et lance ») , le colosse « Martin », la vieille femme âgée que la mort a oublié de venir chercher, la simplette…

Celles et ceux qui apprécient l’écriture de Sylvie Germain devraient aimer le monde de Carole Martinez.. Et comme pour Sylvie Germain, le 1er livre (le livre des nuits) était fantastique et optimiste, le second opus (Nuit d’ambre) était sombre et se déroulait dans le monde en guerre…….

Bonjour à tous et à toutes !
Je me suis faite plus rare ici ces derniers temps … Je vis une période tourmentée : déprime, soucis professionnels … qui m’ont empêchée de déposer des billets de lecture régulièrement comme avant. Le début de l’année, avec son cortège de bonnes résolutions, me remettra sur les rails, assurément, et me redonnera l’envie de lire plus et de vous donner mes ressentis. A très vite donc …

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