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Close-up – Michel Quint

Close-up, c’est le nom du spectacle que Miranda exécute chaque soir devant le public désintéressé d’un cabaret sans envergure, le Quolibet, situé dans la banlieue déshéritée de Lille. C’est un numéro un peu loufoque, fait de bouts de ficelles, un tour de voyance que personne ne prend au sérieux mais qui amuse les rares spectateurs. Un petit groupe d’amis débarque dans cette boite, dont le meneur, un certain Bruno, se laisse prendre au jeu de Miranda. Il l’invite à une soirée privée. Mais Miranda n’est pas dupe des manières bourgeoises de cet homme. Malgré ses allures de pauvresses qui se donne en spectacle pour trois sous, elle refuse dans un premier temps de se prendre au jeu. Mais surtout, elle l’a reconnu. C’est un promoteur immobilier qui a un sens particulier dans sa vie.

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Close-up, c’est le nom du spectacle que Miranda exécute chaque soir devant le public désintéressé d’un cabaret sans envergure, le Quolibet, situé dans la banlieue déshéritée de Lille. C’est un numéro un peu loufoque, fait de bouts de ficelles, un tour de voyance que personne ne prend au sérieux mais qui amuse les rares spectateurs. Un petit groupe d’amis débarque dans cette boite, dont le meneur, un certain Bruno, se laisse prendre au jeu de Miranda. Il l’invite à une soirée privée. Mais Miranda n’est pas dupe de ses manières bourgeoises. Malgré ses allures de pauvresse qui se donne en spectacle pour trois sous, elle est futée et refuse dans un premier temps. Mais surtout, elle l’a reconnu. C’est un promoteur immobilier qui a bouleversé sa vie, indirectement.

Miranda a eu un grand amour, Eric. Si Eric et Miranda sont à présent séparés, ils entretiennent encore une relation chaleureuse. Miranda le soutient de tout son petit cœur, elle le défend. Eric a eu un accident grave, il est handicapé. Miranda veille sur ses intérêts et passe ses soirées à construire un dossier démontrant la culpabilité de son employeur.close-up

Après réflexion, Miranda accepte la proposition de Bruno. Elle assure une prestation chez lui, devant un public snobinard, la haute de Lille. L’opposition par rapport au milieu modeste de Miranda est manifeste et donne évidemment lieu à un certain malaise. Pour couronner la soirée, Miranda fait à son hôte une révélation terrifiante : il lui arrivera un accident grave. Il va mourir avant le vendredi 13 ! Et comme par enchantement, comme si une bonne fée veillait sur la pauvresse, Bruno est attaqué. Une opération immobilière douteuse. Il s’en sort et  revient vers Miranda, qui poursuit le fil de son idée : prendre une revanche sur Bruno, l’homme fat et méprisant, responsable de ses malheurs…

Dans ce roman bien construit, l’auteur nous aspire pour ne plus nous lâcher. C’est par petites touches noires qu’il nous fait entrer dans son univers glauque. Une écriture enflammée et singulière, une véritable signature de style. L’ambiance du cabaret est rendue avec beaucoup de vie et de piquant, de même que l’autre, l’inverse, celle de la haute de Lille. Le jeu entre les protagonistes est bien mené, avec son lot de surprises, et peut-être à la fin, une dénouement positif, je n’en dirai pas trop (d’ailleurs il me reste quelques pages à lire – trop pressé de le faire découvrir…) Le lecteur ne risque pas de s’ennuyer une seconde, pour peu qu’il maintienne son attention et ne se laisse pas désorienter par quelques expressions inhabituelles et tournures propres. Surprises et frissons sont garantis, cependant, la psychologie des personnages n’est pas laissée de côté, ils sont bien épais… Et attachants.

Close-up fait partie de la série Vendredi 13, composée de 13 romans écrits par des écrivains chevronnés, destinée à être adaptée au cinéma. Sortie des trois premiers volumes demain 13 octobre, ce Close-up est, jusqu’à présent, mon préféré.

« Ce mercredi, disons jeudi en début d’après-midi et n’en parlons plus, rien que le nom, Eric Dutaillis, sous la sonnette et appuyer sur le bouton. Miranda en a le jarret flageolant. Il fait un temps de crime belge, de noyé repéché dans un canal par un marinier aux cheveux collés de brune. Un temps à boire des fines à l’eau ou des grogs. Un temps d’autrefois. Quand l’interphone bourdonne, oui, qui est là, elle répond c’est moi, elle l’entend rire, l’ouverture à distance se déclenche, elle pousse la lourde porte blinde et entre. »

Close-up de Michel Quint. Éditions la Branche

7 réponses sur « Close-up – Michel Quint »

Très beau billet de lecture, comme à l’accoutumée Noann … Je suis tentée par ce livre, ta chronique m’y invite. Du même auteur, j’avais été conquise par « Effroyables jardins », adapté aussi au cinéma

Merci !

Il y a encore peu d’articles sur ce livre, et malheureusement, dans l’un d’eux, un blogueur que je ne nommerai pas a dévoilé toute l’intrigue de A à Z… 😯
Regrettable.

Effroyables jardins était un chouette roman ! Celui-ci me semble très attrayant et c’est enfin un roman qui raconte une histoire ! Quant à ce que tu dis sur ceux qui dévoilent l’intrigue, ça aussi, ça m’agace prodigieusement. En général, je passe rapidement sur ces blogs qui racontent trop. Je suis très agacée cette nuit…

à Krol :
Moi les blogs m’agacent en règle générale … Et pas trop le temps de m’y attarder. Je ne viens qu’ici où cela vaut la peine de se promener et de déposer de temps en temps un billet. J’étais plus prolixe avant, mais là je fléchis un peu …
Tiens, comme moi, tu te lèves aux aurores pour aller bosser ?

Ouf, un moment, j’ai bien cru que c’était moi qui en avait trop dit, alors je me suis relu et non, finalement : je n’aime pas non plus qu’on me raconte trop : la surprise, y-a rien de mieux. Comme toi, Close-up est mon préféré du début de la série, pour l’écriture, jubilatoire. Le Bordage m’a bien plus aussi, dans un genre très différent et le Pouy m’a fait rire, pas mal pour cette collection !

Non ce n’est point toi le coupable 😉

Il me reste à terminer le Pouy, mais jusqu’à présent, la collection est réussie !

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