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Le rabaissement – Philip Roth

Simon Axler est le personnage central de ce roman. Naguère, autrefois et one uponce a time, il était un grand acteur de théâtre vénéré, à qui tout réussissait. Mais voilà qu’à soixante ans, tout d’un coup, sa vie prend un tournant. Il semble avoir perdu définitivement ce qui a fait son succès, cette clé mystérieuse qui fait toute la différence. Ce que l’on nomme parfois inspiration… ou talent. Commence alors pour lui une longue période de misère. Sa femme, modèle de tolérance et de patience, le quitte. Il se retrouve dans un hôpital psy et fait la rencontre d’une jeune dame, bien plus jeune même que lui. Mais pourquoi les femmes ont elles toujours 30 ou 40 ans de moins que le mec dans les scénarios ? Ça sent un peu le cliché… L’auteur va-t-il nous emmener dans des sentiers trop battus, faits d’ornières ?

le rabaissement

Simon Axler est le personnage central de ce roman. Naguère, autrefois et one uponce a time, il était un grand acteur de théâtre vénéré, à qui tout réussissait. Mais à soixante ans, sa vie prend un tournant. Il semble avoir perdu définitivement ce qui a fait son succès, cette clé mystérieuse qui fait toute la différence. Ce que l’on nomme parfois inspiration… ou talent. Commence alors pour lui une longue période de misère. Sa femme, modèle de tolérance et de patience, le quitte. Il se retrouve dans un hôpital psy et fait la rencontre d’une jeune dame, bien plus jeune même que lui. Mais pourquoi les femmes ont elles toujours 20 ou 30 ans de moins que l’homme dans les scénarios ? Ça sent un peu le cliché… L’auteur va-t-il nous emmener dans des sentiers trop battus, faits d’ornières ?

Pegeen a les mêmes penchants qu’Axler (et que bon nombres de personnages des romans de Roth), elle vit dans un marasme sentimental fait de doutes et de reculades. Elle a fréquenté longtemps une femme. Elles se sont aimées passionnément. Mais Axler lui donne envie de renouer avec le lit d’un homme. Celui-ci la transforme, l’encourage. Ils ont une relation, dépêchons-nous, il ne reste que 30 pages… Au coin d’un bar, nos deux tourtereaux vont faire une rencontre ambigüe, décidément, l’auteur aime les paumés. Axler a une lubie érotique. Ils passent à l’acte. Retrouvera-t-il son énergie ?

le RabaissementMon avis : je parlais de clichés… En effet, ce livre a priori n’en manque pas… L’acteur désabusé, c’est du déjà vu, et cette femme qui ne sait choisir entre un amour homo et hétéro, en 2011, ça n’étonnera plus personne. Pourtant si l’on regarde plus loin, l’histoire n’est pas si simple et pas si clichée. Quand on parle d’homosexualité, de nombreuses idées prévalent, comme chez les hommes celle du gay efféminé, chez les femmes la tendresse. Or l’homosexualité est bien plus diversifiée. Roth évite le thème trop convenu de la relation entre femmes basée sur la douceur, et esquisse une autre réalité : la domination lesbienne, beaucoup plus courante qu’on l’imagine. La lesbienne n’est pas forcément douce, elle peut être machiste, et bien plus féroce que les hommes. Roth  nous dépeint une relation tumultueuse, qui n’a rien à voir avec les principes bienséants des films érotiques, ou la bave mielleuse des journaux. Les personnages de Roth sont authentiques. Il reste que ce court roman peut décevoir… Roth a troqué les longs monologues intérieurs introspectifs, qui ont fait son succès, pour des dialogues superficiels et un peu longs. La fin semble précipitée, à 100 pages à peine, et 20 pages après le début de l’action. Le roman se résume à un prélude, alors qu’il aurait pu faire 100 pages de plus, et aller plus loin, plus loin dans tous les sens.

« Lorsqu’elle regarda dans la direction d’Axler, ce fut en anglais que Pegreen s’exprima. Elle était maintenant allongée sur le dos à côté de Tracy, elle lui passait dans ses longs cheveux le petit chat à neuf queues, et avec ce sourire malicieux qui découvrait ses deux dents de devant, elle dit doucement à Axler : « À toi maintenant. Profane-la. »

Le rabaissement de Philip Roth. Éditions Gallimard

15 réponses sur « Le rabaissement – Philip Roth »

Au fait, content de voir que tu n’as pas mis fin à tes jours après avoir lu ‘Délivrances’, mais peut-être ne l’as-tu pas encore commencé ou pas terminé…

Mince… J’avais entendu Philip Roth en parler dans la Grande Librairie de Busnel et il me paraissait pas mal. J’avais l’impression que le sujet principal était la perte du talent du narrateur, un questionnement sur la créativité, mais comme tu en parles, ça m’a l’air bien plus axé sur la sexualité… Du coup ça ne me donne pas trop envie de lire ce livre. Je connais mal Philip Roth, je n’ai lu que « La Tache », mais c’est un roman qui m’avait favorablement impressionnée, à la fois par la force des thèmes abordés et la qualité de l’écriture…

Bonjour Marie

Oui le sujet principal est la perte du talent et d’estime de soi.
Après l’auteur dévie sur une relation avec cette femme aux tendances ambivalentes. L’histoire devient sensuelle.
La question qui se pose alors est : est-ce que cet homme va renaitre grâce à cette liaison et ses frasques ?
A la Grande lib’, tous les livres paraissent pas mal… C’est plutôt une émission de promo sans grand esprit critique il me semble…

Oui, c’est sûr qu’il y a une grande part de promo mais Busnel est un vrai passionné de littérature (avec un grand faible pour la littérature américaine.) Je ne suis pas sûre qu’il inviterait ou irait interviewer un auteur qu’il ne cautionne pas (voir ses « carnets de voyage », une fois par mois, émission très intéressante, et on constate qu’il « choisit ses auteurs »), ou alors c’est moi qui suis naïve, c’est possible aussi 😉

En général, j’aime beaucoup les romans de Philippe Roth et celui-ci me tente vraiment, malgré le bémol que tu émets, Noann. Mais le ferai-je ? J’en ai tant d’autres à lire !

Si l’histoire devient sensuelle, cela me tente … Comme j’ai reçu le roman hier, je vais d’emblée en commencer la lecture.

à Marie Javet :
Comme le conseille Noann, lis-donc « Indignation ». J’en ai aussi gardé un bon souvenir. Pour ma part, je te conseille « La Bête qui meurt », qui parle de passion dévorante allant jusqu’à la folie. L’auteur y est parfois un peu trivial, un peu virulent dans ses propos, parle de l’intimité fémine sans ménagement mais derrière tout cela se cache la perdition d’un homme vieillissant, meurtri par les années qui courent … Et les mots pour le dire sont magnifiques, francs, vrais.

Certes, Indignation te plaira plus Marie. La Bête qui meurt est un roman très fort et il ne faut pas avoir peur des mots un peu choquants ou osés …

Noann, je vais suivre tes conseils je note les titres. Pour Délivrance j’avoue je ne l’ai pas encore lu, enfin si mais non… bon clairement il est tout en haut de la très haute pile de livres qui est sur ma table de chevet et donc je l’ouvre parfois et j’en lis des passages ( oui j’en ai eu marre de re lire et re re lire le début) mon problème vois tu es que j’ai réellement envie d’approfondir ma lecture mais je ne parviens pas à trouver le moment propice. Soit la fatigue me fait perdre le fil où bien ma petite merveille hurlante décide qu’un bib à 00h15 serait une bonne idée où encore je vois l’heure et je me dis qu’attaquer une lecture à 23h55 alors que je me lêve à 6h30 ça va faire court comme nuit… Bref je décide à l’instant de le descendre dans ma très grande pile de livres à lire pendant la sieste de ma fée-des-siestes-trop-courte qui me laisse quand même une petite heure chaque après midi pour me plonger dans un livre 😉 Celà dit, promi il sera lu avant l’année prochaine ( ouioui j’vais y arriver j’en ai pas tant que ça à lire si je lis trois pavés par jours hihi

Calie
Ne t’en fais pas, je n’attends pas plus ton retour que la prochaine nuit de pleine lune.
Aucune obligation de toute manière…

Bonjour Isa

Il faut peut-être essayer « Indignation » ou « Portnoy et son complexe »

Celui-ci en effet n’est pas le meilleur Roth

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