Catégories
vin de table

Tout, tout de suite – Morgan Sportès

Ils voulaient tout, tout de suite … C’était leur seul et unique souci. L’argent facile par n’importe quel moyen …
En 2006, cette bande de voyous dénués de la moindre maturité, de la moindre structure, enlevait un jeune juif, vendeur en téléphonie et lui faisait endurer les pires souffrances.
L’auteur se penche sur l’enquête et s’intéresse à ceux que l’on appelait le « Gang des Barbares ». Il nous livre tantôt le supplice de l’otage, tantôt l’angoisse de la famille jusqu’à l’assassinat.

Tout, tout de suite

Ils voulaient tout, tout de suite … C’était leur seul et unique souci. L’argent facile par n’importe quel moyen …
En 2006, cette bande de voyous dénués de la moindre maturité, de la moindre structure, enlevait un jeune juif, vendeur en téléphonie et lui faisait endurer les pires souffrances.

L’auteur se penche sur l’enquête et s’intéresse à ceux que l’on appelait le « Gang des Barbares ». Il nous livre tantôt le supplice de l’otage, tantôt l’angoisse de la famille jusqu’à l’assassinat.
Épouvantés, on suit le fil de ce roman qui a plutôt des allures de reportage-choc, de thriller de série B. L’auteur sonde l’intérieur de l’âme de ces malfrats – si tant est qu’ils en aient une – où ne résonne que l’écho d’un abîme, une absence totale de morale.Tout, tout de suite

Et l’auteur de nous dépeindre aussi avec force et violence l’indifférence de certaines personnes qui avaient connaissance de tout cela mais se montraient silencieux … par lâcheté, par peur des représailles.
Le lecteur se laisse emporter bien malgré lui dans cette sorte d’enquête malaisée où les nerfs sont mis à rude épreuve à chaque page tournée …
S’ensuivent une série d’explorations dans les tréfonds de la mémoire des enquêteurs : fausses pistes, sous-entendus et vérités que l’on repousse pour ne pas … bousculer trop fort sa conscience.
Morgan Sportès use et abuse de mots saisissants, poignants jouant de main de maître avec la sensibilité du lecteur et tente d’expliquer le caractère sordide de cette affaire … tout en restant impartial.

Voici un tableau noir qui montre la dérive de notre société où des jeunes privés de l’élémentaire base d’éducation et de la langue perdent leurs repères et deviennent sans foi ni loi …
Ça sonne creux, ça ressemble plus à un journal dont je ne citerai pas le nom ici, c’est lourd, trop lourd …

Tout, tout de suite de Morgan Sportès, Éditions. Fayard

18 réponses sur « Tout, tout de suite – Morgan Sportès »

C’est étrange. En lisant ta chronique, je me dis voilà un livre peut-être intéressant, prenant, scotchant, écoeurant… Et puis cette dernière phrase qui ne colle pas du tout avec le reste. En même temps, l’auteur m’est totalement antipathique et je ne suis pas près de lire son ouvrage dont j’ai pourtant lu beaucoup de bien. J’suis perdu, quoi :))

Si j’ai bien compris, ce qui a déplu, c’est une sorte de surenchère, une écriture qui ajoute du drame au drame, alors qu’il suffisait de dire les choses telles qu’elles sont…

En ce qui me concerne, l’aspect interprétation des sentiments me dérangerait un peu, le fait de faire parler des coupables, qui se sont murés dans le silence…

À LVE :
Je lis ta réponse avec plaisir car elle me conforte dans l’idée que tu comprends et partage le malaise que j’ai ressenti à la lecture de ce roman et dont la conclusion de ma critique se voulait précisément l’expression. L’exposé même brillant d’un fait divers somme toute dramatique et sordide ne peut finir que lasser au regard de la complaisance des medias de gare, de la presse populaire et des feuilletons télévisés de consommation courante à de tels événements. Est-ce le rôle de la littérature de s’aligner sur cette froide exposition dénuée de tous sentiments de ce qu’il y a de plus vil dans l’âme humaine ?

Bonsoir Stephie,
Certes … mais pour cela il y a déjà la presse à sensation et les journaux télévisés qui se chargent de nous balancer sans vergogne les faits sordides. Je trouve qu’en faire un roman n’est pas vraiment utile …

Ce livre, que je n’ai pas encore lu mais cela ne saurait tarder tant l’analyse et la pensée de l’auteur m’est familière, est un roman proche des « non diction novel » à la Truman Capote, qui n’est donc pas à proprement parler un roman. Lorsque tu dis Céleste que nous avons déjà la presse à sensation, et que faire un roman qui colle aux faits « sordides n’est pas utile » je trouve cela assez militariste comme approche et te conseille de lire « de sang froid » de T. Capote. Aprés on aime ou on aime pas, c’est une affaire de goût, mais non d’utilité. Soit dit en passant, tu as un si joli prénom que j’ai plus envie de te connaître que d’être en désaccord avec toi… (en même temps si nous étions tous tout le temps d’accord…)

PS: faute de frappe dans mon précédent message (assez drôle en plus, non ce n’est pas un lapsus), il s’agit de « non fiction novel » et non « non diction novel » (sic). C’est que la lettre « D » est collée à la lettre « F » dans nos chers claviers..!

Bonjour Nico,
Merci pour ton avis et même si tu ne partages pas mon ressenti sur ce livre, ta réponse est sincère et franche, c’est tout ce qui compte. Et puis les avis divergents s’ils sont exprimés comme tu le fais font la richesse des blogs littéraires comme le nôtre et respectent notre devise : sincérité avant tout.
Merci pour le conseil de lecture mais T. Capote je ne suis pas très tentée …

Voilà, je viens de lire ce livre, en une nuit. Tout d’abord ce n’est absolument pas ce à quoi je m’attendais. L’auteur ne fait aucune critique, aucun apparté, il relate la vie et les conversations des protagonistes de cette sordide affaire. Le livre est truffé de répétitions (l’auteur nous dit par exemple que les appels téléphoniques sont passés dans des taxiphones et ajoute que les taxiphones sont difficilement traçables par la police, puis, 30 pages plus loin, nous redonne mot pour mot la même info comme si nous ne la connaissions pas, ce qui est une faute de goût plutôt étrange…et le livre en est rempli…finalement nous avons une suite de dialogues au rabais d’adolescents livrés à eux-même, un peu comme si l’ensemble eut été ouché sur la bande d’un dictaphone en quelques jours, puis empilé dans un livre qui n’est ici qu’un format, mais qui tient également pour beausoup du reportage sociologique. Livre-catalogue à sensation, que j’ai lu tout de même d’un trait, et c’est probablement ce qu’il y a de plus inquiétant…

Bonjour à tous,
L’histoire m’avait moi aussi ébranlée et j’en avais eu connaissance par la presse …
Effectivement, comme je le disais plus haut, ce livre n’a pas sa place dans les « romans », sous la plume d’un auteur, mais correspond plutôt au scénario d’un thriller télévisé.
D’accord avec toi Nico lorsque tu t’inquiètes de la rapidité avec laquelle tu as lu ce « roman » … Alors, soit c’est signe d’un grand coup de coeur, soit l’oeuvre est balayée dans les grandes lignes parce que l’écriture est médiocre !

Bonjour à tous et à toutes !

Juste un petit mot d’encouragement pour Noann afin que cet espace magnifique qu’il a créé soit florissant un peu plus chaque jour …

Il en est de même pour moi Noann, cette affaire m’a vraiment secoué tant dans le fond que dans la forme…quant au mépris des auteurs et éditeurs, j’ai cette phrase en tête (qui est de F.Miterrand il me semble) : « le fric, le fric qui ruisselle de partout. »
PS: c’est vrai, ton site est sympa!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *