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Et te voici permise à tout homme – Eliette Abecassis

Anna Attal est libraire, juive orthodoxe, divorcée civilement. Elle succombe au charme du beau et sensuel Sacha Steiner au regard ténébreux. Il est prévenant, attentionné, rempli de qualités … mais laïc. Voici qu’Anna est confrontée à son ex-mari Simon Attal, avare, pervers, manipulateur, qui s’adonne à une véritable destruction psychologique de son ex-femme, jusqu’à lui refuser le guet (sorte de pacte que la femme juive signe avec son époux afin qu’une fois divorcée elle puisse retrouver sa liberté. Mais bien souvent l’ex-conjoint en profite et donne du fil à retordre à son ex-compagne.

Anna Attal est libraire, juive orthodoxe, divorcée civilement. Elle succombe au charme du beau et sensuel Sacha Steiner au regard ténébreux. Il est prévenant, attentionné, rempli de qualités … mais laïc. Voici qu’Anna est confrontée à son ex-mari Simon Attal, avare, pervers, manipulateur, qui s’adonne à une véritable destruction psychologique de son ex-femme, jusqu’à lui refuser le guet (sorte de pacte que la femme juive signe avec son époux afin qu’une fois divorcée elle puisse retrouver sa liberté. Mais bien souvent l’ex-conjoint en profite et donne du fil à retordre à son ex-compagne.

Et te voici permise à tout hommeD’abord on se prend d’une infinie compassion pour Anna – et l’auteur est très habile pour nous y conduire – cette douce femme amoureuse qui ne demande qu’à pouvoir donner libre cours à sa nouvelle passion.
Ensuite, l’héroïne agace de plus en plus… Soumise aux injonctions de son ex-mari qui la dirige comme une marionnette, sans que jamais elle ne se rebelle ni ne montre quelque opposition, puis courbant l’échine à ses moindres desiderata, sans montrer davantage un quelconque signe de refus ou d’hésitation. Anna devient pathétique, mièvre, effacée et, partant, jusqu’à repousser la sympathie du lecteur… On se retrouve à suivre une assistée sociale dénuée de personnalité, de force de caractère, fléchissant devant toutes les embûches tendues par son ex-époux.

Les dialogues sont mièvres et exempts de crédibilité. Peu à peu le récit s’essouffle jusqu’à l’agonie…
Même l’histoire d’amour naissante entre Anna et Sacha est factice. Les dialogues, une fois encore, sont scolaires, synthétiques et n’exhalent qu’un parfum de roman photos ou de téléfilm psychologique.

Un troisième bémol est le message donné par l’auteur dans ce pamphlet sentimental de s’ériger contre l’homme exclusivement. Celui-ci est mis au pilori, est montré comme un être vil et pervers, mettant en péril le sort de la femme, la dénigrant, la montrant du doigt. Et l’auteur se range pour cela uniquement au comportement de Simon, l’homme trahi sentimentalement, l’homme qui souffre, l’homme qui ne veut imaginer son ex-femme dans les bras d’un autre.

La thématique était pourtant bien ficelée au départ du roman et on avait hâte de découvrir les arcanes du divorce religieux des Agounas (femmes juives divorcées) et en cela l’auteur aurait pu se tenir à cette très intéressante problématique. Hélas, elle a préféré se fourvoyer en livrant une longue saga amoureuse qui s’éternise et vire à l’eau de boudin.

Dommage pour cet auteur que j’apprécie et qui m’a déjà donné de beaux moments de lecture (je pense à « Une affaire conjugale », un ravissement), montrant sa véritable écriture intense, structurée et précise. Ici, elle devient décalée, écorchée, voire hystérique… à l’instar des personnages du récit.

Et te voici permise à tout homme d’Eliette Abecassis, Éditions Albin Michel

9 réponses sur « Et te voici permise à tout homme – Eliette Abecassis »

C’est devenu une religion dans cette société désaxée, de mettre l’homme au pilori.

La femme serait donc parfaite et l’homme vil ? Simpliste… Cela dit, sans aucun doute, dans certains cultes et traditions, la femme est brimée. De là à stigmatiser systématiquement l’homme…

Oui, cela devient de plus en plus coutumier de dénigner l’homme et d’encenser la femme et dans ce cas-ci, il s’agit d’un roman anti-homme. Cela m’a insupporté …

Peut-être n’est-il pas volontairement « anti-hommes ». Peut-être est-ce la religion qui veut cela, la tradition juive semble avoir mis l’homme en position dominante, d’après ton résumé… Si la femme doit demander l’autorisation pour obtenir le divorce, c’est une logique totalement misogyne qu’il convient de combattre et de dénoncer. L’auteure en aurait profité pour stigmatiser l’homme à outrance ? Cela par contre ne me semble pas une attitude honnête intellectuellement !

Bonsoir Krol,
J’avais particulièrement aimé « Une affaire conjugale », intense, émouvant. Ce roman-ci ne m’a pas enthousiasmé parce que j’ai trouvé que l’auteur passait à côté des choses essentielles …

Bonjour Mazel, oui c’est dommage car c’est un auteur qui m’avait déjà donné de bons moments de lecture auparavant. Je pense notamment à « Mère et fille ».

Joli brûlot comme on n’en lit pas si souvent par ici. J’aime 🙂 Et avoue n’avoir jamais lu Abecassis, mais n’en avoir jamais eu non plus l’envie tant la quatrième de couverture et le battage médiatique autour de ce roman m’avaient semblé artificiels.

Bonjour Emmanuel,
Oui un roman décevant par trop peu de crédibilité, trop superficiel aussi … Et puis un récit qui s’essouffle rapidement, laissant le lecteur sur sa faim.
P.S. : « brûlot », j’aime beaucoup.

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