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Petit frère l’Orage – Marieke Aucante

Denis est doublement handicapé, déficience mentale dès la naissance ; on accuse les médecins. Plus tard, le tracteur passera sur notre infortuné Denis, il sera aplati, selon les mots de l’auteure, qui alterne humour et gravité… L’histoire est présentée comme personnelle et vraie.. La biographie tend à le prouver : c’est bien du vécu, l’auteure nous parle de son frère…

Petit frère l’orage »Un récit bouleversant »… Voici la bannière de l’éditeur, en rouge vif, qui affiche tout de suite une intention assez commerciale. La façon de traiter l’histoire et le style sont du même acabit : relativement séducteurs dans l’émotion, qui est recherchée (à mon goût) un peu trop systématiquement…

Ce petit livre autobiographique ne m’a pas vraiment réussi, en dépit de ses qualités…

Denis est doublement handicapé, déficience mentale dès la naissance ; on accuse les médecins. Plus tard, le tracteur passera sur notre infortuné Denis, il sera aplati, selon les mots de l’auteure, qui alterne humour et gravité… L’histoire est présentée comme personnelle et vraie.. La biographie tend à le prouver : c’est bien du vécu, l’auteure nous parle de son frère…

Petit frère l'orage« Un récit bouleversant »… Voici la bannière de l’éditeur, en rouge vif, qui affiche tout de suite une intention assez commerciale. La façon de traiter l’histoire et le style sont du même acabit : relativement séducteurs dans l’émotion, qui est utilisée (à mon goût) un peu trop systématiquement… Chaque ligne cherche à plaire au lecteur et à titiller sa fibre sensible… Dans mon cas, elle a fini par se rompre (ainsi que mon tube digestif). Question de goût du lecteur aussi… J’aime les millésimes qui se dégustent lentement, leurs arômes se goutent au fond du palais, et pas sur la langue ou les lèvres. Beaucoup de couleur et de panache dans ce livre, mais selon le lecteur, on peut apprécier… Ou pas ! L’auteure aurait peut-être fait un meilleur choix en restant neutre et en limitant les épithètes qui ajoutent du drame au drame. Pourquoi dire ouvertement d’une histoire triste qu’elle est triste ? Un simple récit devrait suffire…

Quelques jolies balades dans la nature, avec toujours un arrière-plan de douleur, de mort, de maladie. Chaque événement ajoute un peu de drame ; un jeune du voisinage qui meurt, lui aussi trisomique, la mère qui se met à boire, manquait plus que ça, le père qui abdique… Et voilà un autre registre : le petit Denis, qui pèse à présent cent kilos (deux tonnes dira l’auteure parfois un rien sarcastique), le petit gros Denis donc est placé en établissement trois jours par semaine. Le ton devient plus mordant, accusateur vis-à-vis de l’établissement et des infirmières, dont pas une ne sort indemne. Tout est catastrophe… Le personnel se serait permis de fumer devant ce pauvre Denis et ses congénères, rendez-vous compte, certains ont des déficiences respiratoires, ils auraient pu y rester ! De fil en aiguille, c’est toute la société qui est stigmatisée, les amis qui se détournent, les gens qui n’ont pas la bonne attitude… Certes, être parent d’un enfant lourdement handicapé n’est pas une sinécure, c’est même un souci de chaque instant, que l’auteure donne bien à voir, avec force et conviction, mais un rien d’insistance. Cette famille semble ne jamais pouvoir se détacher de sa douleur et s’élever pour donner une leçon de courage… J’ai eu parfois envie de les secouer, tant ils semblent se complaire dans l’apitoiement, à moins que ce soit le ton employé qui donne cette impression.

Cette lecture n’est pas déplaisante, loin de là, mais quand même assez triste, le récit eût pu rester simple et attachant. Le ton hésitant entre une sorte d’ironie et la tristesse ne m’a pas toujours semblé du meilleur cru. Voilà un livre qui aurait pu être meilleur à mon avis. Il peut entrer en résonance avec la fibre empathique du lecteur, ou décevoir dans son côté méli-mélo. Parce qu’il aurait pu être plus sobre et plus neutre, et ainsi gagner en force par la seule teneur de l’histoire, à ce point de vue il m’a déçu… Je lui décerne mon (célèbre) « burps ».

Bon personne n’a des pastilles pour la digestion ?

Petit frère l’Orage – Marieke Aucante. Éditions Albin Michel

4 réponses sur « Petit frère l’Orage – Marieke Aucante »

Bah on ne sais jamais Colimasson, y en a qui vont peut être le digérer, tous les goûts sont dans la nature..

Pour résumer, je dirais que ce livre n’est pas foncièrement mauvais, mais qu’il est surtout mal dosé… En changeant juste quelques mots de temps en temps, le résultat eût été bien meilleur.

À mon avis, l’écriture est un art, et l’art prend toute sa valeur dans la nuance.

Bonjour cher lecteur,
J’ai beaucoup de mal à voir que sur mon site, sur google, en première page s’inscrit désormais votre critique. Je ne me retrouve pas dans la description de mon livre mais vous avez tout à fait le droit d’écrire ce que vous écrivez bien entendu. N’empêche que vos mots, votre sarcasme quand vous décrivez des scènes de ma vie me font mal, je m’en étonne moi-même. Mais ce qui m’est bien plus insupportable c’est de retrouver votre site sur le mien et cela me laisse un gout amer. Je ne vous connais pas, peut- être aurais je plaisir par ailleurs à discuter avec vous. Je veux bien discuter plus avant , vous trouverez mon mail sur mon site. Mais aujourd’hui je n’ai qu’une chose à vous demander: Pouvez vous retirer votre article si négatif car je ne souhaite pas le voir s’inscrire dès que quelqu’un tape « Petit frère l’orage » ou Marieke Aucante. Je vous en remercie vivement, très sincèrement à vous. Marieke

Bonjour Aucante Marieke

Vous avez choisi de publier votre vie chez un grand éditeur, et de dévoiler vos peines personnelles. De facto vous vous exposez aux commentaires, bienveillants ou non.

Votre livre n’est pas sans intérêt, mais le traitement que vous lui avez donné ne me semble pas adéquat. Il y avait moyen d’avoir plus de justesse et de doigté. C’est une question de nuance. Ça se joue sur quelques mots…

Je trouve le ton employé à l’égard d’un handicapé parfois déplacé, voire choquant. Ainsi, vous écrivez page 26, après l’accident de tracteur (Denis s’est fait renverser) « Mon père accourt. Avec précaution, il ramasse dans ses bras Denis aplati. » J’ignore si c’est une forme de légèreté ou de dédramatisation, mais le mot « aplati » ressemble à de la moquerie. Sur un mot, vous cassez complètement le contexte dramatique, et vous le rendez déplaisant, sinon ridicule…
Ce n’est qu’un exemple…

Dans ma famille, nous sommes proches des handicapés. Ma sœur a travaillé 40 ans pour une école spécialisée, ma mère a assuré le convoyage de personnes qui ont un handicap mental. Or je n’ai pas vraiment reconnu, dans votre livre, l’esprit particulier qui anime ces familles. Ceci est dû je pense à l’excès d’émotion et la recherche du drame, qui apporte une certaine confusion, voire une fausseté.

Je n’ignore pas le bon positionnement de notre site dans Google, raison pour laquelle les articles sont soignés et que nous pesons le pour et le contre… Quant à dire que cet article apparait sur votre site, j’ai du mal à comprendre.

En tout état de cause, je n’ai pas l’intention de retirer cet article, ni de le modifier.

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