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Drogues store – Arnaud Aubron

Ce livre est une mine d’or. On y apprend, entre autres chose, le rôle du trafic de drogue dans la guerre du Vietnam, les tribulations de Coca-Cola, entre prohibition de l’alcool et interdiction de cocaïne dont il était fait à l’origine. Ce recueil fourmille d’anecdotes en tout genre… Il pose aussi la question de l’utilité de la prohibition et se demande s’il faut encore considérer les drogués comme des délinquants, voire s’il faut encore emprisonner les dealers.

Voici un livre original, qui porte comme sous-titre « Dictionnaire rock, historique et politique des drogues ». Il s’inscrit dans une collection dont le thème est donc « dictionnaires rock ». L’on compte déjà un « dictionnaire rock, historique et politique du football », et l’éditeur annonce de prochains numéros sur la gastronomie, l’Amérique… et le sexe. Tout un programme, à suivre de près.

« Drogues store » développe un à un, par ordre alphabétique, une bonne centaine de noms, communs ou propres, liés directement ou indirectement à la drogue. Par drogue il faut entendre ce mot dans un sens très large. On commence par « Abstinence » pour finir par « Zoo », en passant par « Descente », « François Hollande » ou encore « Musique »…drogues store

Ce livre est une mine d’or. On y apprend, entre autres chose, le rôle du trafic de drogue dans la guerre du Vietnam, les tribulations de Coca-Cola, entre prohibition de l’alcool et interdiction de cocaïne, qui entraient dans sa composition à l’origine. Ce recueil fourmille d’anecdotes en tout genre… Il pose aussi la question de l’utilité de la prohibition et se demande s’il faut encore considérer les drogués comme des délinquants, voire s’il faut encore emprisonner les dealers. L’auteur pose ces question, et quelquefois donne ses réponses. En filigrane se dessine une voix qui à une certaine tendance à dédramatiser, voire qui prône une relative liberté d’usage, sinon une liberté complète dans le cas de certaines substances dites « douces ». En ce sens, il colle aux débats qui éclosent çà et là, et l’avis de certains qui affirment qu’il faut dépénaliser certaines drogues. Cependant, la question que l’on peut se poser en retour : cette évolution est-elle réfléchie ou est-ce l’apathie d’une société qui ne sait plus gérer ses problèmes et préfère fermer les yeux ?

Dans « Drogues store » il n’y pas de chapitre « Cocaïne » ni « Héroïne ». Certes ces produits ont été largement médiatisés, mais un petit rappel n’eût pas fait de tort. Ce faisant, il passe sous silence les ravages pourtant terribles de ces produits qui, faut-il le rappeler, ruinent encore des millions de vies. Aucun écho ici de la misère sociale, des dealers qui offrent des doses gratuites à des ados pour les habituer, des filles très jeunes qui proposent en pleine rue des passes à 25 € sans protection pour se payer une dose. En revanche, on sera surpris de trouver un chapitre « Chocolat », « Sexe » ou encore « Amour ». Et l’auteur de mettre le doigt sur leurs méfaits et leurs assuétudes. Il innove même l’expression « chocolatomane »… Cela donne l’impression que le chocolat est aussi dangereux que le cannabis… Enfin, on apprend que Steve Jobs a été adepte du lsd, mais aussi que Bill Gates fréquentait des festivals techno où les drogues coulent à flot. Conclusion : « L’influence de la culture psychédélique sur l’essor de l’industrie informatique ne semble plus faire de doute. » C’est un point de vue quand même assez particulier qui ne fera pas l’unanimité (et que du reste je ne partage pas en tant qu’ingénieur dans le domaine…)

Drogues store – Arnaud Aubron. Éditions Don Quichotte

7 réponses sur « Drogues store – Arnaud Aubron »

Bonjour Daniel

Il n’est point question de vin ni d’alcool (d’où la perte d’un verre dans notre classement) , mais bien de café :

« D’un point de vue strictement médical, le café possède toutes les caractéristiques d’une drogue… »
« … le café est aujourd’hui la drogue la plus consommée dans le monde… »

Perso, je ne bois ni café, ni vin, ne consomme jamais de tabac, encore moins de hash, de crack ou de coke. Quand je dis ça personne ne veut me croire !

Eh bien moi j’en suis arrivé à devoir quasiment supprimer le chocolat pour raison de santé, de même que le Coca et d’autres boissons.
Je crois que je peux considérer que je prends plus la moindre « drogue », même au sens très large !

Je ne nie absolument pas que nos idées sont les mêmes, d’autant que beaucoup sont elles mêmes exposées dans la préface du livre lui-même : première entrée, dernière entrée ; … Je ne vois pas que vous parlez de la vision des médias et des politiques de la drogue, de l’hypocrisie ambiante… Par contre, effectivement, je n’adhère pas non plus, comme vous.
Et effectivement, je reconnais par contre tout à fait avoir lu votre billet avant de faire le mien, billet qui m’a mis la puce à l’oreille sur le fait que certaines entrées étaient absentes. Je corrige tout de suite mon billet en conséquence et vous met comme lien.

Merci !

Voilà qui me semble aimable… ça demande tellement de temps pour décrypter un livre et en parler, que je ressens un peu de vexation quand les idées sont reprises…
(d’un autre côté, c’est aussi une des possibilités propres à internet…)

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