Catégories
Cru bourgeois

Les renards pâles – Yannick Haenel

À Paris, rencontre entre un homme qui a choisi de vivre dans sa voiture et un groupe de sans-papiers masqués. Se faisant appeler les renards pâles, du nom du dieu anarchiste des Dogon du Mali, ils défient la France. Comme l’homme solitaire, ils attendent la révolution. Un homme choisit de vivre dans sa voiture. À travers d’étranges inscriptions qui apparaissent sur les murs de Paris, il pressent l’annonce d’une révolution.

Présentation de l’éditeur :

À Paris, rencontre entre un homme qui a choisi de vivre dans sa voiture et un groupe de sans-papiers masqués. Se faisant appeler les renards pâles, du nom du dieu anarchiste des Dogon du Mali, ils défient la France. Comme l’homme solitaire, ils attendent la révolution. Un homme choisit de vivre dans sa voiture. À travers d’étranges inscriptions qui apparaissent sur les murs de Paris, il pressent l’annonce d’une révolution. Le Renard pâle est le dieu anarchiste des Dogon du Mali ; un groupe de sans-papiers masqués porte son nom et défie la France. Qui est ce solitaire en attente d’un bouleversement politique ? Qui sont les Renards pâles ? Leur rencontre est l’objet de ce livre ; elle a lieu aujourd’hui.

Mon avis :

Assez mitigée… Alors oui, sans conteste l’écriture est belle et poétique. La première partie du roman : une belle analyse sur la solitude du chômeur, sur la solitude tout court. L’homme élit domicile dans son break, garé dans une rue où le stationnement est illimité et il nous raconte comment il occupe ses jours et ses nuits… Dans cette première partie du roman, de très belles phrases qui permettent de s’évader par la beauté des mots et des lieux.. Jusqu’à « la rencontre » avec un dessin sur un mur. Et la deuxième partie… le combat des sans-papiers, la vie des exclus, l’exploitation des noirs par les blancs, la justification des voitures brûlées… Le combat politique et social… La liberté qu’il nous reste est de ne pas être fichés par la société… Pour y arriver, il faut brûler ses papiers, se cacher derrière un masque, cesser d’exister dans la société. C’est à cette condition qu’on sera libre d’exister et de vivre libre…
Tous les exclus du système, unissez-vous… Par-delà la couleur et la race… Ceux qui n’ont plus rien à perdre sont unis par la solidarité et cette force silencieuse et invisible fera la révolution… Que valent les biens et la société face à l’exclusion humaine ?

Les renards pâlesLes Dogons croient en un dieu unique, Amma. Il créa la terre et en fit son épouse qui lui donna un fils, Yurugu ou le Renard pâle. C’était un être imparfait qui ne connaissait que la première parole, la langue secrète sigi so. » (Wikipedia)

L’un des intérêts de ce roman est de nous donner envie d’en connaitre davantage sur les Dogons et leur culture, sur l’importance des masques, sur leur conception de la responsabilité des humains sur les désordres du monde.. Certes le roman est dérangeant et porte sur un sujet de société très actuel. Mais je n’ai pas été convaincue. La politique prime sur l’histoire et ce qui aurait dû être un roman est plus ressenti par moi comme une dénonciation de la société…

Extraits :

« Chaque fois que le soleil se couche, je ne désire qu’une chose : mettre fin au monde sensé. Je veux glisser vers ce fond d’étoiles qui rient dans le ciel et s’enivrent des épaisseurs du crépuscule. Je veux boire jusqu’au néant ces éclats rouges et noirs. Seule l’ivresse des étoiles m’arrache à la pesanteur du globe »

«Chacun est libre d’être là ou de ne pas être là. D’aimer ou de ne pas aimer. D’affirmer ou de se taire. De trouver des raisons de vivre ou de vivre sans raison.»

Les renards pâles – Haenel Yannick

19 réponses sur « Les renards pâles – Yannick Haenel »

Un avis intéressant trouvé sur Amazon :

« Au début, tout va bien. Façon de parler, évidemment, mais nous sommes en terrain relativement connu, une réalité hélas devenue ordinaire, puisque le narrateur de Les renards pâles est sans emploi et désormais réduit à élire domicile dans la voiture d’un ami. Un cousin de Louis Wimmer ? Pas du tout. D’emblée, le « héros » du roman de Yannick Haenel se pose comme un réfractaire volontaire au système, candidat volontaire au suicide social. Bon. On accepte sans rechigner ses diatribes contre l’ultralibéralisme et la servilité des masses, pressées comme du jus de citron, et tristement résignées. Changement de décor dans la seconde partie du livre : la révolte gronde dans Paris et Haenel tricote alors une fable pamphlétaire dont on peut comprendre les intentions, plutôt pertinentes sur le fond, et écrite dans un style très efficace. Seulement, à vouloir jouer la provocation anarchisante et nihiliste, à amalgamer tous un tas de récriminations, le livre en devient un objet bilieux et sans nuances, dont le manichéisme se fait de plus en plus oppressant. Et péché pire encore : Les renards pâles provoque in fine un véritable ennui alors qu’il pose de vraies questions sur l’identité, la liberté et le pouvoir. »

http://www.amazon.fr/product-reviews/2070142175/ref=sr_cr_hist_all?ie=UTF8&showViewpoints=1

Je te remercie de cet avis complémentaire. En effet, le roman étant annoncé comme « La merveille de la rentrée » je suis assez rassurée de voir que je ne suis pas la seule à avoir été déçue!
Je me réjouis de lire d’autres avis.

Une première partie trop fabriquée, (j’évite les italiques dont l’auteur abuse). Une suite d’images imitant les promenades d’André Hardellet, les vers de Dimey ou les impressions et atmosphères de Fred Vargas. Même Modiano est mobilisé avec ses noms de rues ou de bar-tabac. Un pot au feu raté de références enfilées tout au long des pages pour essayer de créer une ambiance poétique et mystérieuse. On retrouve même le « Blast » de Manu Larcenet !

Une scène de cul, pour ne pas lasser le lecteur, sans intérêt et sans nécessité, comme un cheveu dans cette tambouille ratée.

Puis viennent les sans-papiers, le groupes révolutionnaire clandestin qui laissent des inscriptions sur les murs (encore Vargas!). Les laborieux efforts du début pour rejouer les Bas-fonds de Paris se noient dans un verbiage inutile, émaillé de prétentieuses précisions sur les Dogons du Mali, ou les démarches à l’OFPRA. Yannick Haenel semble pressé de terminer ce roman dévoré par les clichés, visiblement le Paris mystérieux ne lui a jamais ouvert ses portes et Yannick Haenel se venge!
Une seule question se pose après avoir fermé le livre :
« Les renards pâles ont-ils calciné la voiture et le papyrus fétiche du héro?

Yannick Haenel a déjà écrit sur les errances d’un homme qui décide de changer de vie, c’était dans l’odyssée Cercle, prix Décembre 2007 . S’il retrouve son personnage Jean Deichel dans Les Renards Pâles (Gallimard), ce n’est pas pour lui écrire une histoire romanesque à nouveau truffée de références littéraires, loin de là. L’antihéros se mue au fil du roman en porte-parole des sans-papiers. Chômeur de 43 ans, le fameux Jean se retrouve à devoir vivre dans sa voiture. Des messages anarchistes gravés sur les murs du XXème arrondissement de Paris, « La Société n’existe pas », « La France c’est le crime », « Identité = Malédiction », lui apprennent progressivement l’existence des Renards Pâles, qu’il finira par rejoindre.

Bonsoir Titoulematou, oui de loin en loin comme dit Noann… Je dirais plutôt vaille que vaille quand le temps le permet et que le courage ne fléchit pas… Merci de votre gentil message.

J’avais vu passer ce titre, et cette histoire de renard pâle me disait quelque chose… il en est aussi question dans « Les Heures pâles » de Gabriel Robinson, qui va sortir tout prochainement. Merci de me confirmer que ça fait référence aux mêmes choses!

Non, ce n’est pas une fuite. Il s’agit de faire front à la société. De ne plus se laisser dicter sa place. De ne plus avoir d’autre « place » que celle qu’on s’est inventée.

J’avoue, j’ai aussi un avis mitigé. J’ai trouvé l’idée de la révolution qui court sur Paris vraiment forte, mais il y a un côté un peu cliché, un peu fabriqué à tout ça. Et puis dans la deuxième partie, il y a le « nous », ceux qui font la révolution, qui s’oppose au « vous », vous qui êtes complice d’une société inégalitaire et qui n’entendez pas nos appels, je trouve que cette façon de faire, si elle est puissante, met quand même le lecteur du côté du « vous », et du coup ça met mal à l’aise, et on entre pas dans la révolution.

Tous ces commentaires n’encouragent pas la lecture de ce livre. Par contre je vais essayer de trouver un livre sur la culture de Dogons.
Bonne soirée à tous

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.