Catégories
Grand vin

Dans le murmure des feuilles qui dansent – A Ledig

Anaëlle est devenue auteure malgré elle… Suite à un accident, elle s’est réfugiée dans l’écriture pour retrouver un semblant d’équilibre. En quête de renseignements divers pour son nouveau roman, elle prend contact avec Hervé, un procureur, las du quotidien ordinaire de sa profession, qui ne lui laisse plus guère d’enthousiasme ni de motivation. La rencontre d’Anaëlle est une aubaine et lui redonne du baume au cœur. Hervé se réjouit de l’échange épistolaire que l’étudiante entretient avec lui, qui devient de jour en jour plus fort, jusqu’à frôler l’attirance. Mais la greffière d’Hervé fait montre d’agacement face à cette intruse.

Pendant ce temps, Thomas, menuisier, passionné de nature, s’en remet au pouvoir des arbres pour trouver de l’aide et assister son jeune demi-frère Simon, atteint de leucémie. Il l’accompagnera dans son combat en dessinant la nature et en lui contant des histoires de sous-bois et de forêt.

Dans le murmure des feuilles qui dansentLes destins de ces personnages aux antipodes vont s’arc-bouter. Commence alors un ballet d’âmes en perdition, qui vont donner le meilleur d’elles-mêmes pour mener un combat de vie, mêlant tour à tour leurs forces pour sortir de la pénombre et ressusciter un peu, parce que l’instinct de survie surgit lorsque sonne le glas de désolation.

L’histoire des personnages frappés par le malheur nous touche en plein cœur et remue en nous d’intenses sentiments. Ainsi, l’on passe du rire aux larmes mais l’auteur évite avec brio les clichés et la sensiblerie de mauvais aloi. Les mots sonnent juste, tandis que le récit regorge d’émotions et sentiments. Le pouvoir de la nature résonne dans les cœurs des personnages et leur donne un courage infini. L’espoir s’immisce entre chaque ligne, donnant à ce récit une belle analyse de l’âme humaine dans ce qu’elle a de fissures et de vigueur.

L’auteure réussit ce tour de force de livrer à travers des personnages très touchants, en plein désarroi, l’élan nécessaire pour reprendre goût à la vie, renaître de l’abîme…

Je suis une fois encore conquise par la talentueuse plume d’Agnès Ledig. Ce nouveau récit exhale moult parfums de troubles et de ressentis. Sous le dais d’un ciel dramatique, l’auteure a réussi un coup de maître en y glissant subtilement une dose d’espérance, un rai de soleil dans la pénombre, une éclaircie. C‘est là toute la force de l’auteure, de donner le La dans la gamme de la vie, même si celle-ci est jalonnée d’embûches, de faux pas.

Dans le murmure des feuilles qui dansent d’Agnès Ledig

Catégories
Grand vin

Pars avec lui – Agnès Ledig

« L’espace d’un instant, je repense au SMS que j’ai reçu ce matin de Carine. Elle me quitte.

«Je m’en vais, je ne t’aime plus, désolée.»

Elle me quitte par SMS. La honte ! Elle est désolée, c’est déjà ça. La honte quand même ! Mais au-dessus du vide, du vrai vide, face à cet immeuble, je dois me concentrer. Un gosse m’attend là-haut, et sa maman me supplie au sol. Alors sans plus penser à rien je regarde vers la fenêtre transformée en cheminée. Arrivé à mi-hauteur, je distingue une voix derrière le bruit de ma propre respiration qui résonne sous le masque. Il est encore vivant. Les fumées noires qui se dégagent de la fenêtre laissent deviner la violence des flammes à l’intérieur. Je ferai tout pour le sauver. Tout. »

Alors que Roméo, pompier professionnel, fait une chute très lourde en voulant sauver la vie d’un enfant, Juliette, l’infirmière du service de réanimation fait tout ce qu’elle peut pour soigner ses séquelles physiques et panser les blessures de son cœur. A deux ils unissent leurs souffrances respectives… Roméo se désole de ne pouvoir s’occuper mieux de Vanessa, sa fille, une adolescente en pleine crise et Juliette nourrit le rêve d’avoir un enfant mais rencontre des difficultés à tomber enceinte et aussi à assumer les comportements dégradants et brutaux de son compagnon. Et il y a aussi Malou, la grand-mère de Juliette, un peu désabusée. Et puis Guillaume, le collègue infirmier en perdition.

Pars avec luiTous les personnages se croisent et partagent le même chemin jalonné d’embûches, une vie déchirée, des secrets enfouis, de douleur et de blessures. Mais ensemble ils vont réussir à se reconstruire et à faire renaître des joies larvées, des désirs éteints, des soubresauts d’espoir, parce que derrière cette grisaille, l’amour est là en demi-teinte, en douce lumière, prêt à rayonner à nouveau, à irradier les cœurs d’un nouvel élan…

Et voici qu’à travers les attaches que tissent ces hommes et femmes au cours de leur traversée du désert, les destins retrouvent un nouvel envol, avec l’amour en toile de fond.

Le récit coule tantôt comme le fleuve qui se jette dans la mer, houleuse et déchaînée, puis comme un cours d’eau paisible qui a retrouvé la sérénité et la douceur des cliquetis légers et des flots baignés de soleil, sous un vent léger.

La plume est très belle, sans fioriture, les mots sont justes et les personnages sont tous aussi attachants les uns que les autres.

Je m’attendais à une sempiternelle histoire de cœurs meurtris par les méandres de la vie, ô combien tourmentée, traversée de douleurs, mais ici l’auteur nous entraîne dans une réflexion sur le bonheur fondé sur l’avenir, les lendemains d’amour et de joie, et surtout nous invite à faire fi des flétrissures du passé, à ne pas ressasser les échecs d’antan.

Et au lieu donc de refermer ce roman l’âme et le cœur désespérés, l’on trouve ici quelque espoir, quelque réconfort.

Une belle histoire empreinte de vérité et d’espoir…

Je conclurai simplement en disant que ce livre m’a fait du bien…

Pars avec lui d’Agnès Ledig

Catégories
Cru bourgeois

Juste avant le bonheur – Agnès Ledig

Julie a 20 ans et travaille comme caissière dans un supermarché. Elle élève seule Ludovic, « Lulu », son fils de trois ans. Les clients défilent inlassablement dans le magasin mais parmi eux, il y a Paul, un quinquagénaire aisé, fraîchement séparé de sa femme. Il s’émeut de Julie dont le visage reflète la malchance, l’infortune. Aussitôt, Paul se décide à veiller sur elle. Ainsi il l’invite à passer quelques jours dans sa villa en Bretagne.

Julie fait la connaissance de Jérôme, le fils de Paul, veuf depuis peu et qui n’arrive pas se remettre du suicide de sa jeune femme. Mais la présence du petit Lulu égaye le séjour et donne un parfum de fraîcheur et de joie.

Juste avant le bonheurMais au retour de ce séjour bénéfique, un drame surgit… Immédiatement, Julie est épaulée, soutenue et un cordon de solidarité se forme autour d’elle. Ainsi, autour de Julie, chacun se sent pousser des ailes et tente de sortir à tous prix du désarroi, s’accroche à l’espoir d’une nouvelle chance, un nouvel amour, un nouveau bonheur.

L’auteur nous berce d’une certaine candeur, de spontanéité et de naturel. Elle nous livre un conte acidulé, lourd de tristesse qui met tantôt le cœur en émoi, tantôt la larme à l’œil. D’un bout à l’autre de cette histoire, on se prend d’affection pour Julie et à travers les yeux mouillés d’émotion, on l’accompagne, l’envie de la réconforter nous traverse.

Dans tous ces destins croisés, on y trouve un peu du nôtre à un moment ou l’autre de la vie. Et même si le bonheur arrive pour certains et sèche nos larmes un instant, d’autres se débattent dans la mélasse des soucis et des malchances.

Les personnages de ce roman sont très attachants, certes, mais ils ressemblent trop à ceux croisés dans les romans photos où se débattent des cœurs en peine, des âmes qui exhalent le bonbon menthol et où les pleurs côtoient les sourires amers.

Un livre reçu d’une amie pour Noël, lu à la hâte, une boîte de kleenex à la main…

Juste avant le bonheur par Agnès Ledig