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Cru bourgeois

Des nouvelles de l’amour – Nicolas Rey

L’auteur nous invite à une balade de l’amour dans tous ses états, qu’il soit d’ordre sexuel, romantique, maladroit, un peu « vielle France » ou encore sensuel. Il en va même de l’issue la plus douloureuse, la rupture. À travers ces nouvelles qui sont tout de go livrées au lecteur comme des éclats, des messages envoyés en plein cœur, l’amour s’immisce entre chaque ligne puisqu’il est le seul dénominateur commun entre les personnages de ces récits succincts, s’arc-boutant tous, chacun à sa manière, à leur unique raison de vivre, l’Amour…

Et l’auteur de nous convaincre qu’aimer est essentiel, même si parfois l’on aime mal, on a le cœur de guingois, l’âme en plein chaos. Ici, il est aussi question d’amitié, de famille, d’autres sentiments que ceux que connaissent les amoureux.

Des nouvelles de l'amourAux antipodes l’un de l’autre, à Paris ou dans les villages de la France profonde, des destins illusoires se croisent ou non, mais partagent tous … Qu’ils soient artistes, femmes au foyer, ouvriers, ils se démènent tous pour connaître l’amour. Et pour trouver ce bonheur suprême d’aucuns se tourneront vers une sexualité débridée, se perdront dans l’univers des fantasmes, et à cause de cela se retrouveront aigris, désabusés, n’auront connus que quelques instants d’un bonheur fugace et artificiel sans jamais approcher l’amour, le vrai tandis que d’autres se noieront dans la mélancolie ou la sinistrose, ceux qui par chance ont connu la félicité, l’amour grandiose, mais l’ont perdu, ont essuyé une rupture, une séparation qui les a rendus exsangues, et d’autres encore sublimeront désormais leur amour que le temps avait un peu endormi.

Voici donc un recueil de nouvelles qui embaume l’amour et exclusivement l’amour. Des bouts de vie, ou plutôt des fragments d’amour qui s’enchaînent les uns et les autres à la manière d’un ballet rythmé, d’une farandole tantôt joyeuse tantôt morose quand l’amour fait mal.

De courts textes certes agréables à lire mais qui souffrent un peu du manque d’originalité de la thématique mille fois approchée…

Des nouvelles de l’amour, Nicolas Rey, éd. La Martinière

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vin de table

L’amour est déclaré – Nicolas Rey

Quand Maud est arrivée dans la vie de l’auteur, tout s’est métamorphosé en conte de fées. Adieu la dive bouteille, le LSD et autres substances enivrantes. Halluciné cette fois par les yeux de cette femme, l’auteur nous invite dans sa nouvelle vie amoureuse, loin des tumultes d’antan…

L’auteur se prend pour un psychiatre des cœurs et nous invite à suivre ses conseils lorsque la magie de l’amour opère. Après « Un léger passage à vide » qui exhalait l’alcool et l’opium, il nous revient avec une autre addiction, celle de l’amour. Toujours avec cette étiquette d’alcoolo fragile qui en est sorti et cette déprime latente qu’il porte comme une épée de Damoclès, l’auteur nous dévoile comment une nouvelle rencontre peut chasser les démons et avancer enfin, sans chanceler, abruti par les breuvages maléfiques et la seringue salvatrice.

Dans ce court opus l’on croisera donc Nicolas, l’auteur, le Papa, Hippolyte, son fils et Yves Kleber, son agent, un bonhomme antipathique qui n’aime ni les enfants ni les animaux. Et surtout Maud…L'amour est déclaré

Le récit, certes d’une banalité consternante, donne parfois quelques moments amusants et l’on se gausse de l’éducation sentimentale et sexuelle que Nicolas inculque à son jeune fils Hippolyte, à la manière d’un donneur de leçons de bonne vie et d’un sexologue averti. On esquisse un sourire lorsque Nicolas explique à son fils comment « gérer » sa première éjaculation… Un des seuls passages qui a valu à ce livre d’échapper au classement dans la catégorie « comestible » de notre site.

Voici 198 pages où l’on boit l’enseignement de l’auteur et on se saoule de ces courts chapitres qui ne nous apprennent pas grand-chose, si ce n’est qu’il a délaissé les médocs et l’alcool pour se consacrer à l’amour, autre asservissement de cet auteur un peu en perdition.

Les chapitres s’enchaînent au grand galop et laissent au lecteur un sentiment de déjà vu mille fois. Le récit tourne, virevolte et l’on trébuche dans cette course aux sentiments qui finit par échouer.

Personnellement je n’ai guère été convaincue par cette histoire un peu hachurée, ces fragments de vie d’un écolier et d’un père à l’âme bancale qui s’émeut à nouveau et renaît grâce à Maud.

Pourtant, il faut bien le reconnaître, l’auteur fait tout ce qu’il peut pour se rendre sympathique et complice du lecteur… D’aucuns trouveront peut-être ce récit éminemment drôle et constructif et n’abonderont pas dans mon sens, tant pis je prends le risque de me heurter à l’ire de ceux-ci…

Ite missa est …

L’amour est déclaré de Nicolas Rey, éditions Au Diable Vauvert

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Comestible ?

Un léger passage à vide – Nicolas Rey

« Entre notre date de naissance et notre date de décès, il y a quelques moments dingues, des mauvaises passes et puis tout le reste. J’ai retiré tout le reste pour t’offrir rien que des moments dingues et des mauvaises passes. Et des moments dingues, aussi. Et des mauvaises passes. Et ainsi de suite. Bien à toi. »

Que ne fut pas mon ire d’avoir reçu d’une amie ce livre, elle qui connaît si bien les lectures qui m’émeuvent et celles qui me déçoivent … Est-ce le livre « tendance » qu’il faut avoir dans sa bibliothèque, ou est-ce un achat à la hâte après une journée de travail éprouvante ?

Avant de massacrer ce livre, j’ai pris un peu de recul pour l’attaquer de front en me donnant de bonnes raisons, en essayant de me persuader que l’autofiction pourrait offrir de beaux récits. Moult auteurs nous l’ont démontré … mais ici auteur, narrateur, héros se renvoient la balle vers une seule personne, l’auteur lui-même. On fait une grande boucle, on tourne autour et on refait une grande boucle dans l’autre sens pour se retrouver au même point … l’auteur.

Et de ce récit il n’émane qu’une littérature pauvre, négligée, sans émotion aucune. De ces bouts de phrase sans queue ni tête, surgit un personnage stupide, alcoolique, dégénéré qui débite des onomatopées au sujet de son état qui se dégrade, son addiction à la drogue, sa perte totale …

Les propos tenus à travers des dialogues décousus sont tellement benêts qu’on se demande si l’auteur ne se fiche pas de nous …

Il nous décrit de long en large sa perdition et se retranche pour ce faire derrière une logorrhée vulgaire, machiste, dénuée du moindre intérêt.

On a beau essayer de s’apitoyer sur le sort de l’auteur, dépressif, traversant une mauvaise passe, on ne cède pas à la compassion tant les mots pour traduire ce mal être sont mal choisis, dénués de la moindre émotion.

Un léger passage à vide est un plutôt un grand saut vers le néant. Et le néant littéraire aussi…

Peut-être l’auteur a-t-il trouvé dans l’écriture une façon de soulager sa peine …

Pour ma part j’ai été soulagée de refermer ce livre …

« Un léger passage à vide » – Nicolas Rey, Au Diable Vauvert, 5 janvier 2010